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dimanche 28 juillet 2013

1851

Pour ce premier billet sur mon étude de Savigné, je vais dans un premier temps vous présenter le village. Cette partie fera plus tard l'objet d'un article à part entière, je n'ai pas encore tous les éléments pour vous en parler.



Savigné est une commune se situant au Sud du département de la Vienne, aux confins méridionaux de l'ancienne Province du Poitou et en limite de l'Angoumois.


Elle est l'une des 10 communes du département arrosées par la Charente (d'amont en aval : Chatain, Asnois, Charroux, Savigné, Civray, Saint-Pierre-d'Exideuil, Saint-Saviol, Saint-Macoux, Voulême et Lizant) et se partage donc entre le paysage de plaine du Poitou et l'environnement accidenté du charentais.


D'une superficie de 36,35 km², sa population a oscillé entre 1251 habitants (1962) et 1845 habitants (1881) depuis 1793 [source Wikipedia], et présente une forte densité dans les métiers de la terre.



Ce premier article sur le recensement du village, en 1851, présente Savigné dans sa phase ascendante.



La population


En 1851, la population de Savigné est de 1794 habitants (le recensement en mentionne 1797, j'ignore pourquoi), pour 425 feux. Elle se compose en trois parties plus ou moins égales :

  • 554 enfants de moins de 14 ans,
  • 626 hommes,
  • 614 femmes,
soit une répartition telle qui suit :




Les villages et hameaux


Cette année-là, Savigné compte 55 unités distinctes. Voici la carte extraite de l'IGN, avec la position des différentes unités :



et dont la composition est la suivante :



Unités
Feux
Habitants
1
Bourg
38
138
2
Le Colombier
2
12
3
Chez Benesteau
3
5
4
Chez Benest
1
9
5
Vergné
43
162
6
La Fénicardière
2
13
7
La Bâtonnerie
3
13
8
Les Mats
8
28
9
La Gilardière
1
4
10
Marigné
19
80
11
Chanteloux
5
29
12
Le Boux
2
14
13
La Varonnière
4
22
14
La Vallée
6
18
15
La Chauffière
22
98
16
La Groie
13
56
17
La Mouillarderie
2
8
18
Le Tardy
1
8
19
Chez Tribot
6
31
20
Les Pigeries
7
34
21
Chez Leblanc
2
13
22
La Brousse
1
8
23
Champagné-Lureau
42
163
24
Lizac
18
69
25
Épinoux
14
62
26
Bellevue
2
17
27
Savigné (moulin)
1
8
28
Chez Rantonneau
6
20

Unités
Feux
Habitants
29
Le Chaffaud
10
52
30
Chez Brumelot
8
29
31
Chez Chauveau
9
41
32
Malmort
1
6
33
La Martinière
1
6
34
Barronnière (moulin)
1
8
35
La Garenne
2
11
36
Le Seppe
1
7
37
La Coratière
4
13
38
La Grange
1
3
39
Les Âges
2
14
40
Loing
1
6
41
Fayolle
1
11
42
Chez Ménard
5
14
43
La Grenatière
1
6
44
Le Tan (moulin)
3
15
45
La Verdière
13
48
46
Le Breuil Margot
7
23
47
Périgné (moulin)
1
5
48
La Chauvellerie
1
5
49
Le Magnou
11
39
50
La Garde
5
20
51
Villeneuve
9
37
52
Les Engremys
6
44
53
Chez Millot
1
8
54
Montazais
35
131
55
L'Érable
11
50

Ces différentes unités se partagent comme suit :



On remarque tout de suite plusieurs catégories :
  • les plus gros villages, regroupant chacun plus de 5 % de la population totale : Champagné-Lureau (9,1 %), Vergné (9,0 %), le bourg (7,7 %), Montazais (7,3 %) et la Chauffière (5,5 %). Il est à noter que le bourg n'est donc pas le plus peuplé de ces grands regroupements. Champagné-Lureau et Vergné sont des villages situés sur l'axe Civray-Poitiers, voilà peut-être la raison de leur forte population, étant sur une voie de circulation importante dans la région. Cette catégorie comprend 38,6 % de la population totale (soit 692 habitants) ;
  • les villages intermédiaires, de 2 à 5 % de la population totale, comprend 32,2 % de la population totale (soit 578 habitants) ;
  • ce sont cependant les petits hameaux, comprenant moins de 2 % de la population totale (29,2 %, soit 524 habitants).

L'âge

La population de Savigné en 1851 est a priori d'âge standard :



On peut ainsi classer par année de naissance les habitants de Savigné en 1851 :



Plus on est vieux, moins on est nombreux, c'est logique en ce temps-là, le vieillissement de la population qui marque notre pays à l'heure actuelle n'avait pas encore cours.

Nota : ce graphique a mis en évidence une très faible "anomalie" entre les années 1802 et 1804. Il s'agira pour moi de découvrir s'il n'y a pas eu un événement particulier ces années-là (exode massif, épidémie, baisse de la natalité, etc.), peut-être localisé à Savigné ou généralisé à la région (mes premières recherches sur l'état civil montre dans cette même période une forte baisse du nombre des naissances, mais il n'est pas encore l'heure d'en discuter).



Les hommes et les femmes, la communauté


Au sein de la commune en 1851, l'activité de la terre est la plus importante.


Le recensement indique la profession de 627 habitants, même si j'ai bien conscience que les femmes d'agriculteurs, ainsi que leurs enfants âgés, devaient bien aider aux champs. On retrouve donc, parmi ces actifs :

  • 127 propriétaires cultivateurs et cultivatrices (20,3 % des actifs),
  • 62 cultivateurs (9,9 %),
  • 47 fermiers cultivateurs (7,5 %),
  • 4 colons cultivateurs (0,6 %),
  • un fermier propriétaire (0,2 %),
  • un fermier (0,2 %).
Cette part compte pour 38,6 % des actifs et pour 13,5 % de la population totale.

On peut également compter sur 10 propriétaires (1,6 %).



La seconde catégorie représentée est celle du bâtiment et des travaux publics. On retrouve donc parmi les actifs :
  • un chauffournier (fabriquant de chaux), Pierre PRIEUR, du bourg,
  • 11 maçons et garçons maçons : Jacques TEXIER, père et fils, Olivier Roland PINGAULT, Jean LATREILLE, tous de Montazais, et Jean et Louis GAVALET, aidés de Pierre GAVALET, frère et de Louis MOINET, garçons maçons, Pierre DESCHAMPS, François BONNEAU et Pierre GRANGÉ, de Vergné,
  • 6 charpentiers et un ouvrier apprenti : Pierre SAULNIER et son ouvrier apprenti Louis BOURLOTON, Pierre BONNIN et Louis SIMONET du bourg, Pierre et Jean MICHOT, de Champagné-Lureau, et Pierre ROUSSEAU, de Lizac,
  • 3 menuisiers : Charles THOMAS et Pierre SABOURAUD, son gendre, du bourg, et Jean TOUVENET, de Chez Chauveau,
  • un terrassier, Antoine MOGUE, de la Mouillarderie,
  • et un scieur de long, Pierre LARUE, de Montazais.

On recense de nombreux artisans :
  • 5 sabotiers et 1 apprenti : François RACOFIER, et son neveu Pierre RACOFIER, apprenti, du bourg, François RIBARDIÈRE, de Chez Benesteau, Jean TENAUD, de Marigné, François RIBARDIÈRE, d'Épinoux, et Jacques FERGÉ, et son garçon sabotier François BOUSTON, de Chez Chauveau,
  • un caucheteur (fabriquant de chausses), Jean GAGNAIRE, de Vergné,
  • 3 cordonniers et un garçon cordonnier : Pascal Pierre BAPTISTE, du bourg, et Pierre Augustin RAYMOND et François MONDON, François MENIGAUD, leur garçon cordonnier, de l'Érable,
  • un trilleur de laine, Jean GAGNAIRE, de Vergné,
  • 2 tailleurs d'habits : Pierre UZÉ, de Vergné, et Jean UZÉ, de Lizac,
  • 7 tisserands et un ouvrier : Louis ROUSSEAU, et son ouvrier Charles FOUCHER, du bourg, Louis LUCQUIAUD, de Vergné, Jacques BAUDOIN, de la Bâtonnerie, Louis VALLADE, de Marigné, Pierre MONTHUBERT, de la Vallée, Louis LUCQUIAUD de Champagné-Lureau et Charles Armand TALBOT, de Montazais,
  • 2 potiers en terre : Jacques et Jean CARTREAU, de Montazais,
  • 8 maréchaux : Pierre BAPTISTE et Pierre RACOFIER, du bourg, Antoine GAGNAIRE, de Marigné, Pierre DEBENEST et Pierre DUREPAIRE, de Champagné-Lureau, Pierre BRIANT et son fils Jules, de Montazais, et Jean LAPAUZE, de l'Érable,
  • 3 charrons : Jean MARSAULT (qui est signalé infirme), du bourg, Antoine BAUDIFIER, de la Chauffière, et François GAUVIN, de Champagné-Lureau,
  • 2 boulangers et un garon boulanger : les frères Pierre et Jean BRUNEAU, ainsi que Pierre MANDON, leur garçon boulanger, du bourg.

L'activité que je préfère par dessus tout, concerne les métiers des moulins.


On en recense 5 dans la commune de Savigné, qui sont, d'amont en aval :
  • Le moulin de la Baronnière (34) a la particularité de se situer sur la commune de Savigné (rive droite de la Charente), tandis que le village du même nom s'inscrit en rive gauche, sur la commune de Charroux. L'activité est mené par François ALLARD, meunier, accompagné par Louis GERBEAU, son farinier, et par 3 chasserons : Antoine PORCHERON, Joseph LARUE, et Antoine BOUCHET,
  • Le moulin de Périgné (47) est tenu par Jeanne SAULNIER, veuve TEXEREAU, qui est accompagnée de Louis TEXEREAU, son fils, et de Louis ROUSSEAU et Jean BRIS, chasserons,
  • Le moulin de Savigné (27) est tenu par François BERNARDIN, farinier. L'activité est complété par 4 garçons meuniers, Jean ARNAUD, Louis BOISSON, Pierre BAUDINOT et Georges THIMONIER. De plus, François ARNAUD y est servante,
  • Le moulin du Tan (44) est mené par Jacques FOMBELLE, le meunier, qui est secondé par 3 chasserons : Philibert CHINIER, Louis COUDREAU et Jean DELAGE,
  • Le moulin des Âges (39), en 1851, est tenu par Louise BERT, veuve ROUX, secondé par son fils Pierre ROUX. Le feu est également constitué de 3 autres fils et 1 fille, tous adultes, mais dont la profession n'est pas indiqué dans le recensement.

Pour l'activité communale et les services et commerces, on retrouve :
  • l'instituteur communal Norbert Antoine MONTAGNE, installé au bourg,
  • l'agent télégraphique Jean GRANGÉ, de la Groie, et le télégraphiste André BROTHIER, de la Chauffière,
  • Antoine DEYDIER, du bourg et desservant de la commune, qui vit avec Joseph DES ROCHEMARTIN, étudiant.
  • le sacristain Pierre SIMONET, du bourg,
  • une nourrice, Magdeleine PISSARD, de Vergné, qui garde la petite Gabrielle MONGIN, et bien qu'elle soit mentionnée sans profession, Jeanne LAFOND, de la Verdière, garde en nourrice la petite Zélie DOUSSOT,
  • 5 cantonniers : Louis BARANTIN et Louis BELLY, du bourg, François PIGNOUX, de Marigné, Louis TABAULT, de Champagné-Lureau, et Louis BRAULT, de Villeneuve,
  • le garde-champêtre Pierre DOUX, des Mats,
  • 6 jardiniers, jardinières et colons jardiniers : Pierre et Charles CROISARD, père et fils, Pierre PROVOST, Anne BERNARDEAU, sa femme, et son neveu Pierre PROVOST, ainsi que Jean PRIEUR, du bourg,
  • le voiturier Pierre DELAGE, de Vergné,
  • un marchand de confiance, Jean VINCENT, de Chez Chauveau, et un marchand patenté, Louis HIVERT, de Champagné-Lureau,
  • 3 huiliers : Jean-Siméon FOMBELLE et Pierre NORD, du bourg, et Louis BERNARDEAU, de Champagné-Lureau,
  • 5 aubergistes : Jean MASSIA et sa femme Marie BERNARDEAU, Radégonde VAILLANT et Anne VINCENT, du bourg,
  • 2 cuisinières : Rosalie SAPIN, des Engremys, et Gonde LATREILLE, de l'Érable,
  • une couturière, Marie-Anne DUMARAND, du bourg,
  • 4 lingères et une apprentie : Véronique THOMAS, et l'apprentie Jeanne GERBAUD, ainsi que Marie-Suzanne MARSAULT, du bourg, Marie BARBOT et sa fille Justine FOMBELLE, au Moulin du Tan,
  • un garde particulier, Jean GAYET, de Chez Brumelot.


Pour aider les personnes dans leurs travaux ou leurs ménages, on peut compter sur 77 journaliers (12,3 % des actifs), 12 journalières (1,9 %), 71 domestiques (11,3 %) et de 91 servantes (14,5 %).


La population de Savigné comprend également ses indigents, infirmes, et ses pensionnés :
  • André François LECLERC, de Chez Ménard, décoré et pensionné de l'état,
  • François TEILLET, de la Fénicardière, Jacques DIDIER, de Marigné, Louis LAHAIE, de Chez Benesteau, Antoinette CHOISY, de la Groie, et Magdeleine COUDREAU, de Chez Tribot, pensionnés,
  • ses indigents, qui sont François BERNARDEAU, de Champagné-Lureau, Marie FAIDY, et Françoise CHAUVEAU, veuve FAIDY, de Vergné, Radégonde GOURDEAU, veuve FOUSSIER, de la Verdière, Catherine CHABONNE, veuve BLAIS, de la Garenne, Magdeleine NICOULAUD, veuve BOUTELAND, de la Bâtonnerie, et Marie PISSARD, veuve TEXIER, de la Groie,
  • Jean ROUCHER, de Montazais, paralysé.



J'espère que ce premier essai vous aura plu. J'ai volontairement négligé d'approfondir l'état civil et quelques histoires sur des personnes en particulier. Chaque thème, chaque anecdote, pourront faire l'objet d'un article.

1 commentaire:

  1. C'est vraiment une étude approfondie de ce village, avec force précisions. J'ai hâte de découvrir la suite promise.

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