jeudi 22 juin 2017

Stalag ou STO ?

Mes deux arrières-grands-pères du côté maternel ont vécu à Savigné.

Le premier, Myrthil, était métayer à la ferme de Fayolle, où avait œuvré avant lui son beau-père Auguste Guyonnet. Il a été fait prisonnier pendant le guerre. 

Gallica, Liste Officielle des Prisonniers
de Guerre, 1940/01/04, v. 61

D'après ce que je sais, il travailla durant tout le conflit en qualité de STO dans une ferme en Allemagne. Celle-ci était tenue par un officier qui avait deux filles. Myrthil leur apprit le français, et c'est pratiquement 40 ans plus tard que celles-ci le retrouvèrent, en 1984 ou 1985. C'est une bien belle histoire qui méritera sûrement un article un jour.

Myrthil, retenu pendant la guerre,
au Moulin, Zum Roten Wasser, à Schönstadt

Mon autre arrière-grand-père, Marcel, était cultivateur à la Brousse (il le sera plus tard à la Coratière). Il fut fait prisonnier plus tard :

Gallica, Liste Officielle des Prisonniers
de Guerre, 1940/11/05, v. 57

D'après la légende familiale, il s'évada, se cacha et entra dans le maquis. Il fut résistant, mais j'ignore s'il a agi en solitaire ou dans un groupe.

Marcel (à droite), prisonnier de guerre,
124/05182, Stalag IV J
(le tampon indique Stalag VI J),
Arbeit Kdo 1537,
carte postale adressée à son épouse
à la Brousse de Savigné

Compte-tenu de la différence de traitement que ces deux hommes reçurent pendant la guerre — ou d'un différend que j'ignore, les deux familles ne s'entendaient vraiment pas.

Et comme des Roméo et Juliette de la campagne poitevine, mes grands-parents, le fils du premier et la fille du second se marièrent 10 ans après la guerre.

Et vous, avez-vous des histoires de Savigné sur la Seconde Guerre Mondiale ?

mercredi 21 juin 2017

Route Impériale Nationale 148 de Limoges à Nantes

La commune de Savigné est traversée d'est en ouest par la route départementale n°748, anciennement nommée Route Impériale Nationale n°148.

C'est la route des vacances d'hiver pour les Nantais et/ou les Niortais, qui se rendent en Savoie ou en Suisse. Les Montluçonnais la connaissent également, c'est la route des congés d'été.

Depuis mon enfance, et encore maintenant, j'entends le nom de "la Route de Limoges".

L'épicerie de l'Érable — si vous vous souvenez cet article — conserve encore une trace de la "nationalité" de la route :


Le cadastre napoléonien, établi en 1830, montre déjà le projet de cette voie importante, avec la réservation de quelques parcelles, comme l'exemple ci-dessous :

AD86 en ligne, Cadastre Napoléonien,
Section C de Vergné, Feuille 2

Un de mes axes de recherche sera la consultation des archives pour connaître les origines et la construction de cette route. Un bien vaste projet, avec celui, déjà entamé — mais bien loin de l'achèvement — de l'étude de la voie de chemin de fer.


Une route principale qui traverse un bourg est dangereuse, comme vous pouvez vous en douter. La limitation de vitesse est rarement respectée — des ralentisseurs type dos d'ânes seraient les bienvenues. Savigné est marquée comme toutes les communes par des accidents, dès que les automobiles ont circulé sur les routes. En janvier 1963, on notera un double accident, le même jour, rapporté par le quotidien régional :

Le Journal de Civray,
édition du 3 janvier 1963

Et bien sûr celui-là, qui me tient finalement très à cœur : 

Le Journal de Civray
édition du 6 septembre 1962

Rassurez-vous, la fillette de 4 ans s'en est très bien sortie. En témoigne ce blog, puisque la fillette en question est ma maman que j'embrasse.

Et vous, avez-vous des souvenirs ou des anecdotes concernant la Route Impériale Nationale n°148 ?

mardi 20 juin 2017

Quand Savigné vous sera conté

Je voulais profiter de ce mois — et de ce jour — pour remercier toujours et encore les visiteurs et les amis qui viennent sur ce site.

Quand Savigné vous sera conté est un blog d'histoires, de géographie et de généalogie, centré sur cette petite commune de quelques 1300 habitants, traversée par la Charente en terres poitevines.

Il est parallèle à mon blog plus généraliste, La Pissarderie. Gloria — alias Lulu Archives Sorcière (soutien de la première heure 😉 et qui, la première, m'a expliqué la théorie du rangement en tiroirs) — s'est lancé dans l'aventure de son village, d'abord ici, puis , parallèlement à Valérie — l'Écho d'Écoust. L'Histoire de Savigné, ou plutôt les histoires de Savigné a/ont pris vie par la suite.

Je n'oublie pas non plus Sophie. Sans le ChallengeAZ 2013, ce blog n'existerait probablement pas.

Et bien sûr merci à toute l'équipe des Généablogueurs, qui prennent, années après années, le temps de raconter l'histoire de leurs ancêtres.

Ce site aura bientôt 4 ans (juillet), et l'aventure ne fait que commencer ! N'hésitez pas à intervenir pour compléter, confirmer ou infirmer ! Photos, cartes postales, vieux papiers et anecdotes sont les bienvenues.


Bon, allez, y'a du boulot !

lundi 19 juin 2017

Le moulin de Périgné (3)

(Suite de l'épisode précédent)

On procède donc aux discussions des opposants à la retenue qui sont rapportées par l'ingénieur en charge du rapport.

Tout d'abord, le sieur Louis Chauveau, possède un petit pré qu'il trouve noyé par les récents travaux exécutés par le baron de Saignes. La cote du plan d'eau, au droit de ses prairies, est de 8.366 (par rapport à la cote locale 10.000 définie dans le précédent article). Il est rappelé que les points les plus déprimés de ses prairies se situent aux cotes 8.356 et 8.406. Il en résulte que, pour cette partie, le fond de cette dépression (d'une surface qui ne dépasse pas l'are et demi), se trouve à moins de 0,16 m sous le niveau d'eau (0,16 m étant le maximum que la circulaire de 1851 recommande). Il est donc prescrit de conserver en l'état le site. Et l'ingénieur en conclut : "Bien que Monsieur Chauveau soit seul juge de ses intérêts, il semble que l'abaissement du plan d'eau qu'il faudrait réaliser pour mettre les points bas à 0,16 m en contre-bas du niveau des eaux, causerait au protestataire un préjudice autrement considérable que celui qui peut résulter d'un excès d'humidité dans le fond de cuvette dont il vient d'être question".

Le sieur Belhoir, intervenant suivant, a un intérêt particulier à donner son avis à l'enquête public, parlant pour sa mère, propriétaire du moulin de Savigné, en aval de Périgné. Il demande à ce que le moulin de Périgné soit réglé comme le fut celui de Savigné, vieille querelle qui dure, souvenez-vous, depuis 1861.

Les dernières discussions concernent les habitants des villages du Chaffaud et de Chez Rantonneau. Au vu de leur pétition, les intéressés demandent la création d'un "déversoir aux chaussées du moulin de Périgné, de manière que le seuil de la fontaine du Chaffaud soit découvert dans son état normal, comme elle l'était quand le moulin marchait." L'ingénieur se penche donc sur la situation de cette fontaine, en se questionnant sur le niveau de retenue lorsque le moulin était en activité.
Il s'intéresse à une pièce officielle dressée le 17 juillet 1855, qui lui donne, après conversion des références de cote, un niveau d'eau établi à 8.375.
Le niveau d'eau au niveau de la retenue, rappelons-le, est de 8.358 lors de la réalisation de l'enquête, soit 1,7 cm plus bas que le niveau constaté 40 ans plus tôt. "La différence est absolument insignifiante", juge l'ingénieur, "et on peut affirmer que la retenue du moulin de Périgné a été établie à son ancien niveau", ce qui est confirmé par l'étude pour l'autorisation de la restauration des ruines, en 1893, réalisée par le baron de Saignes : à ce moment-là, le seuil de la vanne motrice existait encore malgré les ruines.
On est donc en droit de conclure que, contrairement à ce que peuvent penser les habitants du Chaffaud et de Chez Rantonneau, la retenue du moulin de Périgné n'a pas été surélevée.

Il faut en déduire qu'avant "la destruction du moulin, la fontaine du Chaffaud était normalement submergée, et qu'il n'était pas possible de se servir des lavoirs, sauf en été, pendant les grandes sécheresses, à la fin des éclusées et suivant la volonté de l'usinier". C'est ce qui est déclaré par Texereau, l'ancien meunier, et que réfute Gendraud, auteur de la pétition, allant même jusqu'à des discussions plutôt violentes. L'ingénieur relève la différence entre le cadastre napoléonien (n°371), qui établit la présence de la fontaine sur une parcelle cadastrée, et son observation réelle, où la fontaine, sans le moindre doute possible, est dans le lit de la Charente :
  • ou bien, à l'époque où le cadastre de Savigné a été dressé (1830), la fontaine se trouvait dans la même situation qu'aujourd'hui, et alors on ne s'explique pas qu'elle ait été cadastrée, puisque naissant dans le lit de la rivière, elle devrait être considérée comme "res nullins" au même titre que le lit lui-même,
  • ou bien la fontaine en question est distinct de la Charente et est séparée de celle-ci par des ouvrages qui la mettaient dans une certaine mesure à l'abri des inconvénients que présente, par son utilisation, le niveau de la retenue du moulin de Périgné, auquel cas, on ne peut qu'engager les intéressés à faire le nécessaire pour rétablir l'ancienne situation des lieux.

AD86 en ligne, Cadastre Napoléonien,
Section G du Bourg, Feuille 1

Le cours de la fontaine semble d'ailleurs avoir été modifié d'une manière sensible, et ses eaux semblent avoir pris une autre direction, soit par la suite d'un manque d'entretien, soit par suite d'un abaissement prolongé du niveaux des eaux pendant le temps que le moulin a été abandonné. Le débit de la fontaine est en effet insignifiant et de nouvelles sources se sont formées un peu à l'aval, toujours dans le lit de la rivière et à toucher le coteau de la rive droite.
C'est du moins l'hypothèse de l'ingénieur à l'époque. Me permettez-vous d'ajouter, à titre personnel, que le sous-sol peut très bien s'être modifié de lui même entre l'établissement du cadastre et l'étude présente : on sait que les coteaux du Chaffaud sont creusés de galeries souterraines, comme je l'avais signalé lors de l'un des épisodes précédents. Peut-il y avoir eu un éboulement souterrain, une modification de cette structure qui a fait dévier le cours de la source ? Et vous, qu'en pensez-vous ? Après tout, en mars 1927, un effondrement de la route passant en crête de ces coteaux aura lieu, révélant une galerie.

La veuve Texier, propriétaire du moulin donc, avait pour but de terminer le différend à l'amiable, et avait fait plusieurs propositions :
  • de renfermer les nouvelles sources de manière à les séparer de la Charente,
  • et/ou de modifier les anciens lavoirs de la fontaine, pour le lavage en hiver, et d'en construire un près de la Charente pour l'été.
Elle s'engageait à supporter toutes les dépenses, mais il n'en a rien été : ses offres ont été refusées, et l'ingénieur s'interroge sur l'accueil qu'elles ont reçu.

Quoiqu'il en soit, Mme Texier, aussi fière que ses opposants, insista pour conserver la retenue actuelle.

Dans le même temps, les habitants de Chez Rantonneau et du Chaffaud réclamaient l'abaissement de cette retenue d'au moins 0,16 m, afin d'amener le niveau de la Charente à la cote 8.351, qui était, selon eux, le niveau à l'époque où le moulin de Périgné fonctionnaire, ce qui contredit l'étude de l'ingénieur (et lui ferait admettre une erreur de 0,19 m, entre le rapport de 1855 et le sien, inadmissible)

Le maintien de la retenue est préconisé car le niveau actuel présente un intérêt non seulement pour la veuve Texier, mais encore les riverains de la Charente, entre les chaussées de Périgné et le moulin de la Baronnière, sur une étendue de plus de 3 km de rives. On jugera aussi par la protestation collective de 52 propriétaires, fermiers et colons, des villages de la Chauvellerie, du Magnou, de la Garde, de Chez Chauveau, de Chez Brumelot et de la Baronnière.

Le problème épineux, qui finalement divise en deux groupes une partie des habitants de la commune de Savigné, allant jusqu'à user de violence, ne paraît pas avoir une autre importance que la question du lavage du linge. Après tout, cette opération peut et pourra toujours s'effectuer aisément sur les bords de la Charente !

L'ingénieur finit sur la problématique d'alimentation en eau potable et d'épidémie de dyssenterie qui aurait sévi au Chaffaud et à Chez Rantonneau : il faut croire cependant que les faits signalés étaient d'une gravité toute relative, puisque l'autorité municipale ne s'en est jamais émue, et qu'elle a déclaré officiellement que, depuis un ans, elle n'avait connaissance d'aucun cas de dyssenterie dans ces deux villages.

L'ingénieur ordinaire en charge du règlement sur l'eau conclut son rapport, daté du 24 octobre 1896, au maintien de la retenue à son niveau actuel.

Inutile de vous dire que la question ne fut pas réglé, loin s'en faut. Des courriers de sous-préfet à préfet, de préfet à ministre de l'agriculture, furent envoyés (1897).

Finalement, par un arrêté de mise en demeure en date du 3 novembre 1897, il est demandé à Mme Texier, dans le délai d'un mois, de procéder à un arasement d'une épaisseur de 15 mm sur une longueur de 25 m dans la chaussée de la rive droite !!

Et quand bien même, par procès-verbal de récolement du 25 janvier 1898, il est observé que Mme Texier ne s'est pas conformée aux prescriptions : la longueur du déversoir atteint 25,4 m au lieu de 25 m, et un arasement supérieur à 3 mm par rapport à la hauteur préconisée !!

La Semaine, édition du 21 janvier 1899
L'histoire ne dit pas si le problème fut réglé, en fait. 
L'année suivante, il semble que non, comme le rappelle cet article en janvier 1899 :

samedi 17 juin 2017

une odeur de linge brûlé (1897)

Brûlé vif !

Le 4 décembre 1897, vers 16h30, Fleuristine Robin — portant un bien joli prénom au demeurant — passe devant la maison de son beau-père, Jacques Texier, qui est mitoyenne de la sienne. Elle aperçoit une étrange lueur vive et sent "une forte odeur de linge brûlé".
Son mari et quelques voisins aussitôt prévenus pénètrent dans la maison, complètement envahie par de la fumée, et trouvent un feu qu'ils parviennent à éteindre.
Las ! Lorsque la fumée se dissipe, on découvre — près de la cheminée — le corps sans vie du vieillard, dont les cheveux et les vêtements sont complètement brûlés.

AD 86 en ligne, Savigné, D - 1893-1902, v. 65/133

AD 86 en ligne, Savigné, D - 1893-1902, v. 65/133

Sources : La Semaine, édition du 5 décembre 1897.

vendredi 16 juin 2017

des Noces d'Or


Le Journal de Civray,
édition du 6 septembre 1962
Ah, 50 ans de vie commune, de joies comme de peines. Les époux Gautron fêtent, le 4 septembre 1962, leur Noces d'Or.

Eugène Gautron, grand-père de Roland, regretté maire de Savigné (il est cité dans l'article), était le cousin germain de mon arrière-grand-père Myrthil Vallade. Il était également le frère des deux fillettes victimes de la diablerie de Loing.

jeudi 15 juin 2017

Le moulin de Périgné (2)

(suite de l'épisode précédent)




En juillet 1861, M. Joseph Albert, maire de Savigné et propriétaire du moulin dudit nom, demande le règlement du moulin de Périgné, immédiatement en amont de son usine et en aval du moulin de la Baronnière. Après tout, lui a réglé son moulin en avril 1856, il est normal que le sieur Texereau fasse de même. L'enquête de la police de l'eau échoue à lui obtenir satisfaction : Texereau préfère vendre son usine plutôt que de supporter les constructions onéreuses que devaient entraîner un règlement d'eau. Dès-lors, le moulin tombe en ruine.


Archives départementales de la Vienne, cote 7 S 20

En 1893, le moulin appartient à la veuve Texier, Marie-Alix Moreau. Alexandre Georges Lagarde, baron de Saignes, alors directeur de l'école de dressage du Centre, résidant du Dorat (son gendre), envisage de reconstruire la retenue, laissée à l'abandon, ce qui lui est autorisé par un arrêté préfectoral en date du 24 janvier 1894.


Demande du baron de Saignes
Archives départementales de la Vienne, cote 7 S 20

Toutefois, suite à la pétition de M. Gendraud et divers habitants des villages du Chaffaud et de Chez Rantonneau, une décision ministérielle du 14 décembre 1895, annule cet arrêté — et notamment en raison de vices de procédure. Les habitants de ces villages se plaignent d'être sans eau potable ("ils n'ont que de l'eau malsaine"), et des cas de dyssentrie sont signalés.


Archives départementales de la Vienne, cote 7 S 20

Une enquête plus poussée, qui a été régulièrement annoncée, a donnée par la suite les résultats suivants :
  • Vingt-deux propriétaires, colons ou fermiers des villages du Chaffaud et de Chez Rantonneau ont demandé que le niveau de la retenue soit fixé de manière à ce qu'on puisse laver et puiser à la fontaine du Chaffaud.
  • Un autre opposant, M. Chauveau Louis, a protesté parce que les travaux exécutés au moulin de Périgné noyaient un pré qui lui appartient. Enfin, M. Belhoir, au nom de sa mère propriétaire du moulin de Savigné, sis à l'aval, a demandé que la retenue de Périgné soit réglée comme l'avait été celle du moulin de Savigné.
  • Par contre, vingt-deux propriétaires, colons ou fermiers des villages de Chez Chauveau, Chez Brumelot, etc., ont réclamé le maintien des eaux à leur niveau actuel, dans l'intérêt des prairies riveraines de la Charente, entre les chaussées de Périgné et le moulin de la Baronnière, en amont.
  • M. le maire de Savigné, qui a eu à formuler son opinion, a été d'avis de donner satisfaction aux habitants des villages du Chaffaud et de Chez Rantonneau, tout en tenant compte de la protestation des intéressés de Chez Chauveau, Chez Brumelot, etc.
  • M. le sous-Préfet de Civray, a également exprimé l'avis qu'il soit tenu-compte, dans l'instruction de l'affaire, des diverses observations présentées à l'enquête.

Présentation du barrage de retenue

Le barrage de Périgné, reconstruit par M. Saignes et appartenant aujourd'hui à Mme veuve Texier, est situé sur la Charente, dans la commune de Savigné, entre les moulins de la Baronnière, à 1536 m en amont, et celui de Savigné, à 1346 m en aval. Le moulin de la Baronnière est actuellement en ruine, celui de Savigné est en activité.
Le barrage de Périgné se compose de deux chaussées sensiblement parallèles, établies dans le sens du courant de la rivière et reliées à leur extrémités aval par une chaussée traversale sur laquelle s'appuient les bâtiments de l'ancien moulin. La chaussée de droite à une longueur de 112 m, celle de gauche a une longueur de 89 m. Les longueurs formant déversoir ont respectivement 94 m et 56 m et sont en moyenne dérasées aux cotes 8,392 et 8,358, le repère provisoire des opérations étant à la cote 10,000.


Archives départementales de la Vienne, cote 7 S 20

C'est dans le corps de ces chaussées que sont pratiqués deux pertuis de décharge définis par les éléments ci-après :
  • petit vannage, chaussée gauche, largeur 0,75 m, hauteur 1,13 m, cote du seuil 7,228.
  • grand vannage, chaussée droite, largeur 1,60 m, hauteur 1,228, cote du seuil 7,07.
Ces ouvrages sont munis de crics et crémaillères en fer et peuvent se lever la 1ère vanne de 1,73 m et la 2de de 1,688 m.


Archives départementales de la Vienne, cote 7 S 20

La Fontaine du Chaffaud


La fontaine du Chaffaud pour le fonctionnement de laquelle les habitants des villages du Chaffaud et de Chez Rantonneau réclament l'abaissement du niveau de la retenue, est située à 590 m en amont des bâtiments de l'ancien moulin de Périgné, près de la rive droite de la Charente. Cette fontaine, au pied d'un coteau très escarpé, a la forme d'un rectangle, taillé dans le rocher, ayant 1 m sur 2,40 m. Elle est divisée en deux parties par un mur dont il reste quelques traces : les premières assises. La première partie, de 1 m sur 0,55 m, constituait l'œil de la source, la seconde partie, non limitée du côté de la Charente, est encore munie à l'amont de pierres inclinées formant lavoir. On accède à cette fontaine par un sentier taillé dans le rocher : ce sentier, difficilement praticable, aboutit à une large pierre, touchant à l'œil de la fontaine, sur laquelle on se pose pour puiser. Le dessus de cette pierre plate, sensiblement horizontale, est à la cote 8,351, le fond de la fontaine est à la cote 7,451, et la hauteur d'eau au-dessus de ce font est de 0,91 m, lorsque les eaux sont retenues au barrage à la cote 8,358, c'est-à-dire que le plan d'eau normal de retenue atteint, au droit de la fontaine, la cote 8,361.


Archives départementales de la Vienne, cote 7 S 20

Les terrains avoisinants

Les près appartenant à M. Chauveau Louis, qui a également réclamé l'abaissement du niveau de la retenue, sont situés sur la rive droite de la Charente, à 1 km environ en amont de Périgné. Ils présentent des points bas aux cotes 8,406 et 8,356 sur les parcelles cadastrées n°1484 et 1485, le niveau de retenue au droit de la parcelle étant à la cote 8,366.

Les prairies — pour lesquelles les habitants de Chez Chauveau, de Chez Brumelot, de la Chauvellerie, de la Baronnière, etc. demandent le maintien de la retenue à son niveau actuel — sont situées en amont du barrage de Périgné, sur les deux rives de la Charente.


(À Suivre)

mercredi 14 juin 2017

Louanges pour « L'Avenir de Savigné »

Privé de scène à cause du mauvais temps, la kermesse du 1er septembre 1963 prend sa revanche dans une seconde mi-temps saluée par la foule.

Le Journal de Civray,
édition du 19 septembre 1963

mardi 13 juin 2017

Après la Kermesse

Le Journal de Civray,
édition du 5 septembre 1963
La personne ayant perdu son parapluie à la kermesse de Savigné est prié de venir le récupérer en mairie. Il l'y attend depuis 53 ans et des poussières...


samedi 10 juin 2017

Incendie de Champagné-Lureau (1896)

En cette fin de siècle, M. Bernardeau était propriétaire d'une huilerie, sise au village de Champagné-Lureau.
Le 11 mai 1896, "une flamme épouvantable" apparut aux ouvertures de son usine, et, quelques minutes plus tard, deux granges attenantes de 300 m² étaient en feu.
Celle de monsieur Bouhier, de Vergné, contenait 25 mille de foin, une quantité qui paraissait palier la pénurie qui menaçait : "quelques minutes suffirent pour détruire ce que deux années avaient donné de supplément".
Lorsque Bouhier, prévenu, fut sur les lieux, il ne restait que les murs debout et quelques poutres branlantes. "Dérision du sort, pas une botte de foin en dehors de cette grange" n"avait été stocké.
Les autorités étaient arrivées rapidement pour circonscrire le foyer de l'incendie. Malheureusement, tout effort était vain, car "le feu était alimenté par la partie huileuse de l'usine d'à côté".
Tout les habitants avoisinants (de Champagné, du Tardy, de la Groie, de la Vallée, de la Varronnière et de Vergné) luttèrent vainement contre les flammes.
L'incendie fut partiellement couvert imparfaitement par une assurance (Mutuelle de Poitiers), à hauteur de 2791 francs, mais Bouhier estima les dégâts sur sa grange à 3791 francs. Bernardeau évalua les dégâts sur son huilerie de 4 à 5000 francs environ, couverts par la Mutuelle du Mans.

Sources : La Semaine, édition du 17 mai 1896.

vendredi 9 juin 2017

Hydrophobie (Rage)

Savigné fut touchée, comme ailleurs, par les épidémies de rage. Cette maladie, éradiquée par une importante campagne, après la découverte du traitement antirabique et les premiers vaccins élaborés par Louis Pasteur en 1885.
En France, la rage endémique semble avoir été éradiquée entre 1999 et 2001 (arrêté ministériel du 30 avril 2001).

Cette maladie, à son dernier stade, provoquait des troubles tels que l'hydrophobie (ou aquaphobie, la peur de l'eau) ce qui explique qu'on retrouve souvent la rage dénommée sous ce terme.

Exemple de cas de rage à Savigné, que l'on complétera au fur et à mesure des découvertes :

La Semaine,
édition du 27 mars 1904

mercredi 7 juin 2017

Foudre mortelle

Le 10 juillet 1901, vers 16h30, un violent orage vint à s'abattre sur les communes de Savigné et de Champniers. Dejeanbouyer, propriétaire à Champagné-Lureau, et son domestique, Frédéric Blanc, dit Cabane, étaient en train de moissonner près de la Varronnière. Bien vite, ils se mirent à couvert sous un noyer.
La foudre tomba, et les malheureux furent pris par la foudre. Cabane "eut son chapeau mis en miette, le fluide électrique lui traversa la tête, la mort fut instantanée."
Dejeanbouyer, qui se trouvait tout de même juste à côté de lui, eut la décharge sur son épaule gauche, qui courut le long de ses reins, et le courant sortit sous son pied droit. Le verre de sa montre explosa, son pantalon et ses sabots furent percés et il tomba inconscient.
Lorsqu'il se réveilla, il découvrit son domestique mort et appela à l'aide. On vint bien vite à sa rescousse.
Transporté à son domicile, il reçut les soins du docteur Périvier appelé de Civray. Ses jours n'apparurent pas en danger.

AD de la Vienne en ligne, Savigné, D - 1893-1902, v. 111


AD de la Vienne en ligne, Savigné, D - 1893-1902, v. 112

Source : La Semaine, édition du 14 juillet 1901

mardi 6 juin 2017

L'Exposition Internationale et coloniale de Rochefort-sur-Mer en 1898


Ouverte au public le 5 juin 1898 et inaugurée par M. Adrien Rieunier, député de Rochefort en présence de nombreuses personnalités, l’exposition internationale et coloniale est organisée par la ville de Rochefort, avec le concours de la Chambre de commerce et du Département, sous le patronage des ministres du Commerce, de l’Industrie, de la Marine et des Colonies.


Le bulletin de demande d’admission, outre les renseignements demandés à l’exposant concernant son identité, les produits à exposer, la surface demandée, comprend une présentation incitative de Rochefort : « la ville de Rochefort à 9 heures de Paris, 3 heures de Bordeaux et 30 minutes de La Rochelle, est le centre d’un commerce important avec tout l’Ouest de la France.
Port de guerre, Arsenal et grands ateliers de construction de navires de guerre, Observatoire de la marine, Ecole d’Hydrographie, Ecole de médecine navale. Musées Maritime, d’Anatomie et de peinture ; Théâtre, jardins Publics. Stations balnéaires et excursions à Royan, Fouras, Châtelaillon, La Rochelle, La Pallice, le Château île d’Oléron, île d’Aix, île de ré, etc. Chemin de fer pour Bordeaux et Paris, Limoges, La Rochelle, Nantes, Niort, Saintes, Marennes, Royan, Cognac, Angoulême, etc. »
Sous la maîtrise de l’architecte de la ville de Rochefort M. Fernand Michaud, et du commissaire général M. Louis Prétet, la réalisation du projet est confiée à Jean-Alfred Vigé, ancien courtier en produits alimentaires, reconverti dans l’organisation d’expositions. Le succès de l’exposition de Rochefort lui vaudra une commande pour l’exposition internationale et industrielle de Poitiers en 1899.
Située sur la rue du Rempart, sur l’Esplanade, et sur le square Roy-Bry, l’exposition que l’on peut découvrir en acquittant un droit d’entrée de 1 franc le jour et 0.50 franc le soir, occupe une superficie d’environ 50 000 m2. Le clou en est assurément le pavillon des colonies avec son « exhibition exotique », organisée par la Société de géographie de Rochefort, qui propose des objets choisis parmi ses collections, mais également parmi celles du musée de Rochefort ou empruntées à des particuliers : des minerais, un pied d’éléphant naturalisé, des armes océaniennes, des lances et sabres chinois, et même des aliments exotiques tels du riz, du cacao, des noix du para et des noix de kola…
Mais l’exposition propose bien d’autres curiosités, tels le « Palais des glaces » ou encore la « Salle des petits modèles » proposée par la Marine. Dans l’espace consacré aux Beaux- Arts, on peut admirer des œuvres d’artistes locaux mais également acheter un tableau de Jean François Millet Le paysan et la cruche. On peut noter que le président du jury pour la section Beaux-Arts est le peintre William Bouguereau. Dans la section Industrie, est signalée notamment la présence de l’éditeur rochelais Louis Cassegrain, non pour ses cartes postales, mais pour sa « fabrique de registres ». De nombreux pays ont choisi de faire la promotion de leurs produits agroalimentaires : l’Espagne pour l’huile d’olive, la Suède pour les conserves de poisson, la Russie et la ville de Saint-Pétersbourg pour la confiserie et la boulangerie...
De nombreuses récompenses sont remises aux exposants lors de la cérémonie de clôture, le 9 octobre 1898 et, à cette occasion, un feu d’artifice est tiré."

Dans son édition du 29 septembre 1898, L'Avenir de la Vienne est heureuse d'annoncer que René Massia, distillateur à Savigné, vient d'obtenir une médaille d'argent à cette exposition. C'est la première fois qu'il expose et il a eu à lutter avec des maisons françaises et étrangères de premier ordre.
René Jean-Baptiste Massia, distillateur et liquoriste, fils de Jean, propriétaire, et de Léonie Marie-Philomène Jacquiaud, naquit le 25 juillet 1873 au bourg de Savigné. Il épousa, le 6 novembre 1895, à Civray, Marie Rassat, et mourut dans son village natal le 21 avril 1945. Son fils, Maurice René Gustave, fut l'époux de Germaine Joseph Emma Pissard, fille du docteur bien connu du Ruffecois.
Il travailla avec son frère, Paul Louis Félix, lui aussi liquoriste.

lundi 5 juin 2017

mort d'un Dragon

La Semaine,
édition du 9 juillet 1899
Le 2 juillet 1899, Hilaire Brault, maréchal des logis fourrier au 25e régiment de dragons, meurt à l'hôpital mixte d'Angers d'une tuberculose aigüe.

Fils de Pierre et de Françoise Mauduit, Hilaire Auguste Brault naît le 13 janvier 1873, au domicile de ses parents.

Parti pour le 25e régiment de dragons le 16 novembre 1894, il arrive au corps, le lendemain, en qualité de cavalier de 2e classe. Il est nommé brigadier le 25 septembre 1895, puis brigadier fourrier le 31 décembre suivant, et enfin maréchal des logis le 30 septembre 1896.
Réengagé avec prime pour 3 ans, le 14 septembre 1897, à compter du 1er novembre suivant, il est nommé maréchal des logis fourrier le 21 juillet 1899.

AD 49 en ligne, Angers, 3e arrondissement,
D - 1899, v.39/115

samedi 3 juin 2017

Les Croix de Savigné

Plusieurs Croix ont été recensées sur la commune, suivant les sources (cadastre de 1830, IGN, etc.). Une grande partie d'entre elles n'existe plus.




A. La Croix du Mas (1830-IGN-actuel)
B. La Croix Tralboux (IGN)
C. La Croix Minot (IGN) - n'existe plus.
D. La Croix Morin (1830) - n'existe plus.
E. La Croix Boutelant (IGN-actuel)
F. La Croix d’Épinoux (actuel)
G. La Croix au Geau (1830-IGN) - n'existe plus.
H. La Croix de l’Érable (1830) - n'existe plus.
I. La Croix Hosannière (1830-actuel)
J. La Croix du Chaffaud (1830) - n'existe plus.
K. La Croix Montbard (1830-IGN) - n'existe plus.

Croix Bouteland

A cette liste, on peut également ajouter la Croix du Cimetière, qui existait sur le cadastre napoléonien, et qui semble avait été déplacée :


Croix du cimetière

vendredi 2 juin 2017

petit Bal avec Lady Pierrette


Ah, le p'tit bal musette, avec Lady Pierrette :

Le Journal de Civray,
édition du 14 novembre 1963

Venez nombreux !

jeudi 1 juin 2017

L'affaire Alphonse Auguste Vivien (1898)

Alphonse Auguste Vivien est né à Civray. Sa mère a quitté son mari pour vivre en concubinage avec un autre individu.

En fin d'année 1898, Vivien erre depuis quelques temps dans la région de Civray, en quête d'un mauvais coup. Il travaille comme manœuvre pour Jean Marquet, 42 ans, maçon à Genouillé.
Le 1er novembre 1898, il se résout à s'introduire dans la maison de Louis Tralboux, 69 ans, propriétaire à Champagné-Lureau, pour y commettre un vol.
S'étant caché dans un champs voisin, il attend que le maître de maison et ses domestiques soient partis en voiture, pour la foire de Civray, vers une heure de l'après-midi, et aussitôt après, il escalade le mur du jardin, puis il brise un des carreaux de vitres d'une fenêtre, fait jouer la fermeture et enjambe le mur d'appui. A l'aide d'une hachette qu'il trouve dans la maison, il fracture les serrures de plusieurs meubles et s'empare, dans le tiroir d'un buffet, de 4 pièces de 5 francs et d'un paquet de tabac. Dans l'armoire de la chambre de la veuve Vignaud, servante de Tralboux, qu'il ouvre avec la clef restée sur la serrure, il prend une pièce de 20 francs en or. Heureusement, la voleur ne trouve pas les 1600 francs, cachés dans le buffet et la paillasse du lit du maître des lieux. Vivien dira, lorsqu'il apprendra quelle somme il n'a pas trouvée, qu'il regrette beaucoup de ne pas les avoir trouvés, il les aurait fait danser.
A trois heures et demie, Tralboux revient de la foire et rencontre l'un de ses voisins qui lui apprend que son habitation a été saccagé par un voleur. Il retrouve bien les 1600 francs, restés cachés dans son lit, ainsi que la somme de 200 francs, déposée dans un vieux porte-monnaie que le voleur n'a également pas touché. La veuve Vignaud constate le vol dans sa chambre, et appelle Marie Couillaud pour l'aider à visiter avec elle les chambres de la maison. Marie Couillaud lui apprend qu'elle a vu Vivien passer dans le village où il a demandé la charité.
Après le vol, Vivien va à Poitiers, achète un complet et fait la noce. Après quoi il va à Lhommaizé, puis se rend à Confolens.
Le jour du 8 novembre, jour de foire, il pénètre dans la maison du sieur Bastard, située à la Pelletière, en usant la même technique que son vol précédent. La patronne et sa domestique, Louise Vignaud, gardent leurs moutons et la maison est vide. Avec une serpe, il fracture la serrure du tiroir d'un buffet, et prend une somme de 8 francs et 5 centimes, appartenant à la fille Vignaud, servante de Bastard. Là encore, il n'ouvre pas un petit dictionnaire dans lequel il aurait trouvé deux billets de banque, l'un de 100 francs, l'autre de 50 francs. En revenant, Louise Vignaud constate qu'un voleur s'est introduit dans la maison, a fouillé les meubles et a pris l'argent qui lui appartenaient.
Le 13 novembre, il est reconnu à Civray par plusieurs témoins qui l'avaient vu rôder autour de la maison de Tralboux, et est arrêté. Il nie d'abord puis reconnaît être l'auteur des deux vols, et dit même avoir tenté un autre vol à Confolens, chez un propriétaire, qui n'a pas été retrouvé.
Vivien est condamné à 5 ans de prison et aux dépens.

dimanche 21 mai 2017

Pierre Buchey, marchand orfèvre et bijoutier à Angoulême

Au début du XVIIIe siècle, « la grande partie de la faïence utilisée en Angoumois venait alors de Hollande. Elle était apportée dans toute la vallée de la Charente par des bateaux hollandais qui venaient chercher à la Rochelle et à Tonnay-Charente les vins, les eaux-de-vie et les papiers d’Angoumois et par des gabarres qui remontaient le fleuve jusqu’au port de l’Houmeau, où les relations entre les fabricants de papier et les hollandais étaient depuis longtemps établies. C’est du reste cette situation qui avait incité Louis Sazerac à fonder sa faïencerie à Saintes ; Il le déclare lui-même quand il sollicite un droit exclusif de fabrication de faïence en Saintonge pendant une durée de 20 années d’avoir installé sa manufacture des Roches, près de Saintes, en 1731 » (Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique de la Charente, p. 60, année 1934).
Louis, marchand et juge-consul de la juridiction de Saintes, fut l’époux de Michelle Imbault, qu’il avait épousé le 13 février 1697 à Cognac. Sa famille tirait probablement son origine d’un fondeur de cloche, Bernard Sazerac, installé à Angoulême vers 1680 (celui-ci fut le parrain de son petit-fils Bernard Sazerac, fils de Jean, marchand, et d’Antoinette Bion, le 29 octobre 1702 à la paroisse du Petit-Saint-Cybard d’Anbgoulême). De son union, Louis Sazerac eut au moins deux fils :
Louis, né vers 1709, sieur des Roches, fut juge-consul d’Angoulême, et y épousa, le 28 février 1737, paroisse Saint-André, Marguerite Clavaud. De sa descendance, naîtront les Sazerac de Forges, famille très connue d’Angoulême.
Bernard, son autre fils, vint créer une filiale de la faïencerie paternelle à Angoulême, centre de l’Angoumois, vers 1748. Son installation ne se fit pas sans mal, car Sazerac « devant lui, à Angoulême, un sieur Massié, qui l’avait devancé et qui voulut l’empêcher d’exercer son industrie. » Cette affaire fut résolue devant le conseil de la ville en 1751, et sa manufacture, « placée au port de l’Houmeau, au centre des affaires, s’ouvrait au moment où la politique commerciale de la France tendait vers plus de liberté dans les échanges. » Le monopole demandé par Louis Sazerac lui avait été refusé, celui de J.-B. Hustin à Bordeaux également.
Bernard Sazerac, alors âgé de 31 ans, épousa, le 29 juin 1746, à Saint-André d’Angoulême, la belle-sœur de son frère Louis, Marie-Charlotte Clavaud, fille de Laurent, alors marchand, et de Marguerite Leclerc, et à ce titre il sera le futur beau-frère de Marie Buchey, épouse de Jean Clavaud. A partir de 1748, il était qualifié de « manufacturier en fayence » et « sa manufacture prit une certaine importance ; il étendit ses immeubles et fit venir des artisans fayenciers de quelques grands centres de fabrication. » (Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1894, p. 285)
Il mourut le 26 juillet 1774, et sa veuve lui succéda et y associa son fils Louis peu de temps après. La faïencerie « Veuve Sazerac et fils » prospéra jusqu’au moment des guerres de la Révolution, puis « ses ouvriers étant aux armées, aux termes de sa déclaration de contribution personnelle, an VI, 18 brumaire, Louis Sazerac fut obligé d’employer des prisonniers de guerre internés à Angoulême. » (Id.)
La manufacture poursuivit son activité durant le XIXe siècle : Louis Sazerac céda son fond à Jean-Baptiste Glaumont, son gendre, en l’an VII, qui avait épousé Jeanne Sazerac (du second mariage de son père avec Françoise Giraud), le 29 ventôse de l’an IV à Angoulême., puis au fils de ces derniers, Jean-Baptiste Louis Glaumont, né le 10 ventôse de l’an V. Ce dernier vendit la faïencerie en 1842 à François-Léon Durandeau.
Bernard Sazerac, fondeur de cloches d'Angoulême
Louis Sazerac, faïencier à Saintes, époux de Michelle Imbault
Jean Sazerac, époux d'Antoinette Bion
Louis Sazerac, sieur des Roches,
(~1709-1778),
époux de Marguerite Clavaud
Bernard
Sazerac
(~1715-1774),
époux de
Marie-
Charlotte Clavaud
Bernard Sazerac, sieur de Forge, époux de Thérèse de Brême
Louis Sazerac
(1747-?),
époux de Jeanne Dupuy
Jean-Baptiste Sazerac, époux d'Élisabeth Alix Mitault
Louis Sazerac, époux de Marie-Magdeleine Mitault, puis de Françoise Giraud
Marie-Jacquette Sazerac
(1757-?),
épouse de Pierre Buchey
Marie Sazerac
(~1763-1791),
épouse de Pierre Buchey


Pierre Buchey (le deuxième), fut baptisé le 7 mai 1754 à Saint-André d’Angoulême. Il épousa, le 14 novembre 1780, à Saint-Jacques-de-L’Houmeau, l’une des filles de Bernard Sazerac, Marie, née vers 1763. Celle-ci fut inhumée quelques années plus tard, le 11 octobre 1791, à Angoulême.
Pierre Buchey, pour une raison ou une autre, émigra aux Amériques, à New-York. Son destin croisa une descendante des Sire d’Acadie.
Pierre Buchey
(1754-1837),
époux de Marie Sazerac, puis de Victoire Sire
Pierre Charles Buchey
(1781-?)
Jean-Baptiste Buchey
(1782-1849),
époux de Fanny Robin, puis de Marie-Athénaïde Lefebvre
Eugène Pierre Buchey
(1797-1848),
époux d'Augustine Aimée Loué
Charlotte
Virginie
Buchey
(1801-1846),
épouse de
Charles Désiré
Lelong
Pierre André Jules Buchey
(1811-1832)
Pierre Charles Adrien Lelong
(~1823-1885), époux de Jeanne Fortier

Les Sire (volontiers orthographiés Cyr), appartenaient à une célèbre et grande famille acadienne. Pierre Sire, l’aïeul, s’établit à Port-Royale vers 1668, et pratiquait le métier d’armurier. Peu après son arrivée, il épousa Marie Bourgeois, fille de Jacques, chirurgien royal, et de Jeanne Trahan. Son beau-père était l’un des personnages les plus importants de ce lieu : « Jacques Bourgeois, un des habitants les plus prospères de Port-Royal (il possédait déjà 33 bêtes à cornes et un troupeau de moutons, en 1671), avait commencé, vers 1672, le développement d’une nouvelle colonie, sur l’un des prolongements de la baie Française (Fundy), connu de nos jours sous le nom de Cumberland Basin, à un endroit que les Indiens appelaient Chignectou. Venu en Acadie sous d’Aulnay, vers 1640, en qualité de chirurgien, Jacques Bourgeois s’occupait de cabotage sur la baie Française et de commerce avec les Indiens. En 1672, il était âgé de 53 ans. L’établissement qu’il fonda à Chignectou porta d’abord le nom de colonie Bourgeois et il était situé sur une élévation de terrain, longeant la rive sud de la petite rivière Missagouèche, soit entre la pointe Beauséjour et la ville actuelle d’Amherst. » (Histoire des Acadiens, Bona Arsenault, 2004, p.81.)
Pierre Sire mourut quelques années plus tard, après avoir donné eu trois fils, et sa veuve se remaria le 9 juin 1680.
Guillaume, né vers 1679, dernier de ses fils, fut l’époux de Marguerite Bourg. Il en eut au moins 9 enfants, dont Jean, dit « Genga », né vers 1710. Celui-ci épousa, le 3 février 1733, à Beaubassin, Anne Bourgeois, fille de Charles et de Marie Blanchard, descendante de Jacques et de Jeanne Trahan.


Le lieutenant-colonel, Robert Monckton,
dans le fort Beauséjour annonce à deux acadiens,
Pierre Cormier et Jean Cyr,
que leurs terres et leurs biens vont être
confisqués et qu'ils seront déportés
dans les colonies anglaises de la côte Atlantique.
Source : © Maison de cire de l'Acadie
Jean Sire fut déporté au Massachussetts : il était l’un des acteurs du grand dérangement  : « Afin d'affirmer leur droit et leur influence sur le territoire qu'il considère être l'Acadie française, les autorités françaises décident de construire le fort Beauséjour, en 1751. Plus de onze cents Acadiens et Acadiennes s'y rendront au début des années 1750 afin de se placer sous la protection du roi de France. En 1755, à la veille de la guerre de Sept Ans, les Anglais décident de s'emparer du fort Beauséjour. En juin de la même année, le lieutenant-colonel Robert Monckton arrive devant le fort à la tête d'une expédition militaire et il s'en empare après un court siège. Plusieurs Acadiens étaient dans le fort Beauséjour au moment où les Britanniques l'ont capturé. Nous voyons ici le lieutenant-colonel, Robert Monckton, dans le fort Beauséjour annoncer à deux acadiens, Pierre Cormier et Jean Cyr, que leurs terres et leurs biens vont être confisqués et qu'ils seront déportés dans les colonies anglaises de la côte Atlantique. « Vous n'avez pas le droit, nous sommes neutres, vous nous avez donné votre parole que nous pourrions toujours rester ici sur nos terres en Acadie. » C'est dans la région du fort Beauséjour que la déportation commence à l'été de 1755. » (Le Grand Dérangement - Maison de cire de l'Acadie)

Il était établi à Miquelon entre 1763 et 1772, puis vint à la Rochelle, où il mourut le 6 février 1779. De leur union, on comptait également 9 enfants, dont Jean, né vers 1736. Celui-ci épousa, le 3 février 1763, à Beaubassin, Marguerite Dugas, fille de Joseph et de Marguerite Leblanc. De leur union, naquirent :
  1. Jean, né vers 1764.
  2. Fabien, né vers 1766.
  3. Joseph, né le 23 septembre 1768 à Miquelon.
  4. Xavier, né le 21 octobre 1770 à Miquelon.
  5. Marie-Josephe, née le 18 mars 1773 à Miquelon.
  6. Jacques, né vers 1775.
  7. Marguerite, née vers 1777.
  8. et Victoire, née le 30 janvier 1780 et baptisée le lendemain à Saint-Servan (Ile-et-Vilaine).
Veuf de Marie Sazerac, Pierre Buchey épousa donc Victoire Sire, la dernière de la fratie, le 2 fructidor de l’an IX, à Angoulême, devant Jean-Baptiste Clavaud l’aîné, adjoint de la municipalité. La légende retient qu’à son mariage, la naissance de Victoire avait été mentionnée par erreur comme survenu à Miquelon. Cette erreur fut rectifiée par jugement du tribunal civil d’Angoulême, en date du 12 janvier 1822.

De ses deux mariages, Pierre Buchey eut :

  1. du premier lit, Pierre Charles, baptisé le 17 août 1781 à Saint-André d’Angoulême.
  2. et Jean-Baptiste, baptisé le 5 septembre 1782 à Saint-André d’Angoulême, dont il sera question plus loin.
  3. et du second lit, Eugène Pierre, né le 12 février 1797 à New-York.
  4. Charlotte Virginie, née le 15 germinal de l’an IX à Angoulême.
  5. et enfin, Pierre André Jules, né le 12 septembre 1811 à Paris (6ème arrondissement ancien).
Victoire Sire mourut à Paris le 26 août 1823, et son plus jeune fils, Pierre André Jules, alors étudiant en droit, mourut à 20 ans le 15 juillet 1832 à Courtry.
Pierre Buchey mourut à son tour, le 20 mai 1837, à Paris, ayant pour héritiers ses deux fils, Jean-Baptiste et Pierre-Eugène, ainsi que son gendre Charles Désiré Lelong.
Charlotte Virginie Buchey avait épousé, par contrat du 29 avril 1821, devant Herbelin, notaire à Paris, Charles Désiré Lelong, ouvrier bijoutier, fils de Charles Adrien Norbert, fabricant de bijoux, et de Marguerite Madeleine Degournay, et elle mourut le 30 avril 1846 à Paris (12ème arrondissement ancien). De leur union, je n’ai trouvé qu’un fils : Pierre Charles Adrien, né vers 1823 et décédé le 22 octobre 1885 à Paris (3ème arrondissement), qui avait épousé, le 9 septembre 1848, Jeanne Fortier.
Eugène Pierre, bijoutier, épousa, le 10 octobre 1844, à Paris (5ème arrondissement ancien), Augustine Aimée Loué, fille naturelle de Marie Loué.