dimanche 17 avril 2016

L'affaire Julie Racoffier (1848)

Le 26 novembre 1848, Julie Racoffier, jeune fille de 19 ans, domestique chez les époux Pourrain à la Chauvellerie, va passer la soirée chez la femme Monthubert, qui vit au village du Magnou.
Plusieurs personnes se trouvent alors réunies chez cette femme, entre autres Jacques Mauduit, 50 ans, Jean Gayoux, 17 ans, et Pierre Bertrand, 20 ans. Après avoir passer une partie de la soirée à danser, la jeune fille se dispose à partir, quand Jacques Mauduit lui dit : "Julie, nous n'avons pas encore dansé ensemble". Et, la saisissant au même instant, il l’entraîne vers un coffre placé près d'un lit. La lumière s'étant éteinte, il la renverse sur ce lit, et appelle Pierre Bertrand et Jean Gayoux, en leur disant : Arrivez donc, les enfants !
Alors tous trois, après avoir mis ses vêtements en désordre et découvert sa gorge, passent leurs mains sous ses jupons et les portent à ses parties intimes. La jeune fille crie :  "Au secours !" et ajoute : "je ne sais ce qu'ils veulent faire de moi ! Veulent-ils me violer ?" La douleur semble lui faire perdre connaissance.
Louis Texereau, ayant entendu ses appels, rallume enfin la lumière et fait cesser ces outrages. La scène n'a duré qu'un quart d'heure environ.
Le lendemain, la jeune fille est pâle et défaite, ses maîtres lui en font l'observation en la blâmant d'être aller au bal, mais elle se borne à répondre : "Le joli bal ! Je n'irai plus". Cependant, peu de jours après, elle confie à plusieurs personnes ce qui s'est passé, confidences qui aux dires de l'un d'eux, se résumera en ces termes : "qu'on lui avait fait subir toutes les indignités qu'on peut faire à une fille, sauf de la violer". Elle ajoute qu'elle a été forcé de laver son linge, et que, pendant quelques temps, son bas-ventre resta douloureux et tout noir. De leur côté, les trois gaillards se vantent à tout vent des attouchements auxquels il se sont livrés.
Ainsi, Bertrand et Gayoux avaient déclaré à Louis Texereau, peu de temps après le crime, qu'ils avaient introduit leurs doigts dans les parties les plus secrètes du corps de la jeune fille. Huit jours plus tard, Bertrand disait devant deux autres témoins qu'ayant porté sa main sur le bas-ventre de la fille Racoffier, il y avait rencontré deux autres mains et n'était allé plus avant.
Enfin, le 5 décembre, Gayoux racontait les mêmes circonstances et ajoutait que leurs mains étaient tâchées de sang, l'obligeant à aller les laver dans une mare. A ce moment-là, Julie Racoffier passait près de lui, et Mauduit lui aurait dit : "tu n'es pas contente, je ne t'ai pas bien arrangé, mais je t'arrangerai mieux une autre fois". Gayoux aurait rajouté que la jeune fille "devait bien pisser le lendemain parce que lui, Mauduit et Bertrand lui aviez diablement ouvert le trou, et que le vieux Mauduit" était le pire des trois.
Informée de leur vantardise, Julie Racoffier manifeste l'intention de les dénoncer. Sa maîtresse, la femme Pourrain, lui conseille dès-lors de leur exiger de l'argent. Elle prévient le père de la jeune fille, qui porte sa plainte devant le maire Marchive. Ce dernier conseille aux accusés de ne pas laisser poursuivre l'affaire et de donner de l'argent pour l'arranger. 
Ils veulent lui offrir de l'argent, elle repousse leur offre. Cependant, l'influence qu'on exerce sur la jeune fille la pousse à ne pas avouer le crime devant le juge d'instruction. Elle cherche même à disculper deux de ses agresseurs. Dans un élan d'abnégation, Mauduit était même allé jusqu'à accuser Jean Texereau, jardinier au Magnou, du méfait, à leur place. Jean Texereau, bien sûr, condamné 16 ans plus tôt, aux assises de la Vienne, pour avoir attenté à la vie du sieur Gayet (voir l'Affaire Jean Texereau) se fait un plaisir de charger les trois hommes, allant jusqu'à rencontrer Julie Racoffier pour qu'elle amplifie le mal qu'ils lui avaient causé. Ceci ne joue guère la cause de la jeune fille, et on commence à croire qu'elle a imaginé le crime.
Pourtant, encouragé par l'un de ses oncles, elle se résout enfin à révéler toute la vérité et accepte la visite d'un médecin. Toutefois, deux mois se sont écoulés depuis l'agression, et le médecin ne peut que constater l'absence de traces des sévices que la jeune fille a reçu. Les accusés nient tous les faits durant leur interrogatoires, Mauduit, allant jusqu'à dire "que la colère de Dieu m'atteigne tout à l'heure si j'ai touché à la fille Racoffier, autrement que pour plaisanter".
Toutefois, les criminels s'étaient vantés de leur mauvaise action dès le soir du crime. Mauduit avait même dit au maire, qui essayait de lui arranger l'affaire : "Est-ce qu'on m'enverra aux galères pour avoir touché le sein d'une fille ?" Les doutes sont trop grands et ils sont mis en prévention le 9 février 1849, puis mis en examen le 16 dudit mois, suivant le réquisitoire du procureur général à la cour de Poitiers, et incarcérés dans la prison de Civray.
Le procès se tient le lundi 4 et mardi 5 juin 1849 et y sont convoqués les témoins suivants :
  1. la victime Julie Racoffier, âgée de 19 ans, servante chez le sieur Pourrain, demeurant à la Chauvellerie de Savigné, en parlant à sieur Pourrain, aux charges de droit.
  2. Louis Texereau, meunier, âgé de 27 ans, demeurant à Périgné, dite commune de Savigné.
  3. Madeleine Gilot, âgée de 14 ans, servante demeurant au même lieu, était, avec sa maîtresse Madeleine Texereau, chez la femme Monthubert, 8 jours après le crime, lorsque cette dernière s'était vu répondre par Bertrand, également présent, qu'il n'avait pas fait de mal, qu'il "n'avait que porté la main à les parties". La jeune fille subit des pressions juste avant le procès.
  4. Madeleine Texereau, âgée de 20 ans, sans profession, demeurant audit lieu, était présente chez la femme Monthubert, 8 jours après le drame, et confirme le témoignage de sa servante.
  5. Jeanne Texereau, femme Monthubert, âgée de 25 ans, demeurant au Magnou, commune de Savigné. Elle était présente à la soirée. Elle entendit Julie Racoffier appeler à l'aide, alors qu'elle venait chercher son jeune fils dans un lit, sans dire cependant qu'on lui faisait du mal. Un peu plus tard, elle entendit Julie Racoffier appeler de nouveau à son secours, en désignant Louis Texereau, son frère.
  6. François-Ferdinand Marchive, âgé de 57 ans, maire de Savigné, demeurant au Chaffaud de la dite commune.
  7. François-Félix Coudert-Prévignaud, âgé de 40 ans, propriétaire au Ménard, dite commune.
  8. François Pourrain, âgé de 44 ans, demeurant à la Chauvellerie de Savigné.
  9. Pierre Racoffier, âgé de 49 ans, maréchal à Savigné.
  10. François Racoffier, âgé de 38 ans, sabotier demeurant au même lieu.
  11. Jacques Debenest, âgé de 38 ans, demeurant à Champagné-Lureau. Oncle de Julie Racoffier, il fut sacristain.
  12. Marie Boisjon, âgée de 16 ans, demeurant à Genouillé, en parlant à la femme Mauduit, sa maîtresse, aux charges de droit.
  13. Jean Texereau, âgé de 58 ans, journalier demeurant au Magnou de Savigné, qui connaît bien les assises, y ayant été condamné 16 ans plus tôt (voir l'Affaire Jean Texereau). Il fut accusé à tort du crime par Mauduit lui-même, comme nous le raconte François Brunet, cultivateur à la Garde, témoin non convoqué au tribunal.
  14. Louis Pourrain, âgé de 12 ans, demeurant à la Chauvellerie.
  15. Marie Rousseau, femme Pourrain, âgée de 45 ans, cultivatrice audit lieu. Elle rencontre, le 4 février, Jean Gayet, garde-particulier de Jacques Mauduit (victime du sieur Texereau 16 ans plus tôt), et évoque l'affaire avec lui, lui disant "croyez-vous, mon pauvre Gayet, que je n'aurais pas mieux fait de renvoyer depuis longtemps ma servante ?". Jean Texereau, "le gueux" [sic], était venu la tourmenter pour lui faire dire que sa servante lui avait rapporté que les inculpés lui auraient introduit le "bras dans la matrice" et qu'elle aurait répandu tant de sang que ses vêtements et son lit aurait été tout tâchés. Marie Rousseau nie avoir vu de sang ce soir-là. Elle ajoute, devant Gayet, et là, on s'éloigne totalement de l'affaire, qu'elle soupçonne Texereau de ne pas être étranger à l'incendie de sa grange, deux jours auparavant.
  16. Jeanne Saulnier, veuve Texereau, âgée de 50 ans, sans profession, demeurant à Périgné. Elle a entendu dire dans le voisinage que les trois accusés se vantaient du crime, dès le soir même. 15 jours après, elle rencontra Julie Racoffier, avec la femme Chiron, qui lui avoua que "les inculpés lui avaient fait toutes les indignités qu'on peut faire à une fille, sauf de la violer, qu'elle avait été pendant quelques jours n'ayant ni appétit ni sommeil".
  17. Antoinette Chiron, femme de Jean Chiron, journalier, âgée de 58 ans, demeurant à la Verdière de Savigné. Elle était en chemin avec Jeanne Saulnier, veuve Texereau, lorsqu'elle rencontra Julie Racoffier, qui leur raconta l'agression.
  18. Jeanne Texereau, femme Texereau, âgée de 51 ans, jardinière au Magnou, en parlant à sa belle-soeur aux charges de droit. Rencontrant, Julie Racoffier quelques jours après le crime, à la Fontaine de Périgné, la jeune fille lui dit à demi-mots que si elle "racontait à la justice et disait la vérité sur ce qui s'était passé chez la femme Monthubert, ils la battraient".
  19. Jeanne Texereau, âgée de 59 ans, sans profession, demeurant au Magnou.
  20. Marie Debenest, veuve Cordier, âgée de 38 ans, journalière, demeurant audit lieu, en parlant à son père aux charges de droit. Elle rencontre Julie Racoffier après la plainte déposée auprès du maire, qui lui avoue que les trois hommes ne lui avaient fait aucun mal, qu'ils ne l'avaient que draguet et plaisanter chez la femme Monthubert.
  21. et Jean Latreille, âgé de 27 ans, maçon demeurant au Breuil-Margot de Savigné, en parlant à sa femme, aux charges de droit. Ami de l'accusé Bertrand, il l'engage à faire un arrangement avec Julie Racoffier. Ne se sentant pas coupable, Bertrand accepte et ils se rendent, en compagnie de M. Coudert-Prévignaud, auprès de Julie Racoffier. Celle-ci regrette la tournure des évènements, n'ayant été incité que par Jean Texereau, le jardinier, et sa femme, et consent à l'arrangement, moyennant 20 francs demandés à Bertrand. Jean Latreille persuade la jeune fille d'engagea ce même accord avec Gayout et Mauduit. Toutefois, pour ce dernier, Julie demande une plus fort somme. Des trois qui lui avaient fait des attouchements, "Bertrand était le moins coupable et Mauduit était un vieux salaud".
Les questions soumises au jury dont :
  • Jacques Mauduit, accusé, est-il coupable d'avoir, le 26 novembre 188, dans la commune de Savigné, commis un attentat à la pudeur consommé ou tenté avec violence, sur la personne de Julie Racoffier ? La réponse est non.
  • Pierre Bertrand, accusé, est-il coupable d'avoir, le 26 novembre 188, dans la commune de Savigné, commis un attentat à la pudeur consommé ou tenté avec violence, sur la personne de Julie Racoffier ? La réponse est non.
  • Jean Gayoux, accusé, est-il coupable d'avoir, le 26 novembre 188, dans la commune de Savigné, commis un attentat à la pudeur consommé ou tenté avec violence, sur la personne de Julie Racoffier ? La réponse est non.
Journal de la Vienne, 11 juin 1849
Ainsi, les rumeurs, les revirement de Julie Racoffier, sans nulle doute soumise à la pression et aux menaces, qui disculpe puis accuse, les témoins partie prenante à charges ou à décharges, servant des intérêts autres, autant d'éléments qui font douter le jury.
Les trois hommes sont ainsi acquittés sur le champ.

Julie Racoffier, née le 2 janvier 1829 à Savigné, était la fille de Pierre, maréchal, et de Julie Debenest. Elle donna naissance à Pierre, le 3 novembre 1852, et mourut célibataire le 15 avril 1860, à la Groie, à l'âge de 31 ans.
Jacques Mauduit, né le 17 nivôse de l'an V à Saint-Pierre-d'Exideuil, était le fils de Jacques et d'Anne Bouchet. Il avait épousé, le 5 février 1818, à Savigné, Magdeleine Thenaud, et mourut chez lui, au Magnou, le 28 juin 1861, à l'âge de 62 ans.
Jean Gadioux (alias Gayoux), fils de René, cultivateur, et de Marguerite Nautré, naquit le 4 octobre 1831 aux Coudrais de Civray. Cultivateur, il épousa, le 10 juillet 1856, à Civray, Marie-Simone Galois, servante à Civray, fille de Louis et de Marie Bouroumeau.
Pierre Bertrand, né le 4 avril 1828 à Savigné, était le fils de Pierre et de Marie Morichaud.

Sources : Archives départementales de la Vienne (2U1590).

jeudi 20 août 2015

L'affaire Jean Texereau (1832)

Dans la soirée du 1er novembre 1832, Jean Gayet, cultivateur à la Chauvellerie, se trouve au cabaret du sieur Latreille, dans le village du Magnou. On y trouve aussi Jean Texereau, les frères Massias, et quelques autres.
Il s'y est rendu pour régler un différend avec Texereau, histoire que ce dernier règle aimablement une indemnité en raison du dommage que son bétail lui a causé. Essayant un refus, il annonce son intention de le faire citer en justice.
Vers 9 heures, Texereau sort avec les frères Massias, qu'il quitte aussitôt. Peu après, Gayet prend congé des cabaretiers Latreille.
À peine quelques instants plus tard, on voit rentrer Gayet dans un état à faire pitié : ses habits sont couverts de boue et le visage est ensanglanté ; et quoiqu'il parle avec difficulté, il reaconte que, dans le chemin du Magnou à la Chauvellerie, un homme, surgi de derrière un chêne et qu'il a reconnu comme étant Texereau, s'est précipité sur lui, l'a frappé au visage avec une lourde masse (que Gayet a cru être une pierre), l'a renversé à terre, l'a pris à la gorge et lui a donné plusieurs coups de pied. Laissé au sol, son agresseur s'est enfui en passant par les jardins entre le chemin et la maison de Texereau.
On prévient monsieur le Maire qui se rend chez les Latreille. Un médecin, qu'on a aussi appelé, constate que Gayet a la lèvre supérieure et la joue gauche tuméfiées, que la lèvre inférieure est coupée de haut en bas, jus'au menton, que la mâchoire est fracturée, qu'il dent est pratiquement arrachée de son alvéole et que beaucoup d'autres son entièrement cassées. Le médecin découvre aussi que la poitrine de Gayet est couverte de fortes érosions et ecchymoses, et indique que si les blessures de Gayet, qu'il croit fait avec un corps très dur (une pierre ou un instrument en fer par exemple) ne sont pas mortelles, elles le forceront à être en incapacité de travail pendant 40 à 50 jours.
Pendant que le médecin l'examine, Gayet répète à l'envi que Texereau est l'auteur du crime. Des témoins vont au lieu du crime et y découvrent beaucoup de sang au pied d'un chêne et près d'une place où il est facile de reconnaître qu'un homme s'y est fait agressé. On remarque également, sur la jetée du fossé près du chêne, l'empreinte de deux sabots, qui paraissent y avoir glissé.~
Le lendemain, le juge d'instruction et le procureur du roi de Civray se rendent sur les lieux. Texereau et sa femme sont interrogés (séparément), et n'arrivent ni l'un ni l'autre à s'accorder sur l'heure à laquelle le dit sieur est rentré la veille au soir.
On constate, dans un jardin récemment ensemencé, et dans lequel Gayet dit avoir vu s'enfuir son agresseur, des pas se dirigeant vers le chêne désigné par la victime. Les sabots de Texereau sont appliqués sur ces empreintes, qui s'accordent parfaitement.
Enfin, Texereau est conduit devant Gayet, et ce dernier, en le voyant, est saisi d'une vive émotion. Faisant l'effort d’articuler quelques paroles, il s'écrie en le montrant du doigt : « le voici ! »
On établit un mandat de dépôt contre ledit Texereau, et une instruction est ouverte.
Il en résulte que Texereau ne vit pas en bonne intelligence. Une première fois, il a été obligé de lui donner une légère indemnité pour des épines qu'il lui a enlevées, et depuis ce temps, il s'est montré animé de mauvaises dispositions à son égard. Plus tard, il a tué le chien de Gayet et s'est vu forcé de payer 21 francs pour éviter des poursuites. Dans un  autre temps, il prétend que Gayet a tenu contre lui des propos diffamatoires et lui a intenté un procès, qu'il a perdu et il fut obligé d'en payer les frais. Autant de raisons pour Texereau d'en vouloir à Gayet contre lequel il ne dissimule pas ses mauvaises intentions.
Depuis quelques temps, il y a un dernier motif de brouille entre les deux hommes : Gayet a pris dans son pré le mulet de Texereau, qui n'a pas voulu payer l'indemnité arbitrée par le garde-champêtre. C'est à propos de cette histoire que Gayet s'est rendu dans le cabaret des Latreille ce 1er novembre. Ce jour-là, d'ailleurs, on remarque que Texereau regarde Gayet d'un air menaçant. En apartheid, Texereau engage au nommé François Guineau, qui s'y trouve également, à chercher querelle à Gayet, lui promettant, s'il n'est pas le plus fort, de lui donner un coup de main.
Toutes ces circonstances paraît fournir la preuve de la culpabilité de Texereau. Durant tous ses interrogatoires, il se contente de nier. Il prétend que les empreintes dans son jardins sont ceux des enfants Garreau ; il indique qu'il ne s'est pas rendu dans son jardin, ni le 1er, ni le 2 novembre.
Texereau a, dans le pays, la plus mauvaise réputation. Il y est signalé comme un homme très dangereux.
Tiens, avant de s'installer, il a vécu à Charroux, où il était connu sous les mêmes rapports : plusieurs personnes parlent de lui comme d'un homme violent et querelleur, se plaisant à faire du tort à ses voisins. Une fois, il a engagé, sous prétexte de l'inviter à manger des crêpes, la servante du sieur Proux à voler du sucre chez son maître, voisin de Texereau, et, cette pauvre fille n'ayant pas osé, il l'a envoyé en acheter sous le nom de son maître, chez un marchand à Civray. Proux, une fois le forfait découvert, se rendit chez Texereau pour une explication, ce qui alla jusqu'aux injures entre les deux hommes. Peu après, Proux perdit deux chèvres de la volaille. Alors que l'artiste vétérinaire déterminait que les bêtes avaient été empoisonnées, Proux se rendit chez Texereau, car de la Martinière, maître de ce dernier, lui avait confié de l'arsenic pour le mettre dans ses greniers, parce qu'il était son fermier. Il nia cependant toute forfaiture de son part.
Une autre fois, il menaça son beau-père de le frapper d'une bouteille qu'il tenait à la main, et le frappa un instant après d'une chaise qu'on a pu lui arracher.
Quelques semaines avant son arrestation, on a entendu son père crier à l'assassin. Texereau le tenait à la gorge et voulait le forcer à lui donner 400 francs. Quand cette scène fut fini, le père eut père et s'en alla chez l'un de ses parents. Pendant son absence, le fils lui avait pris 400 francs.

Arrêté, Texereau est maintenu dans la prison de Civray, jusqu'au 23 janvier 1833, date à laquelle il est transféré à Poitiers.
Alors détenu en la maison de justice de Poitiers, Jean Texereau est prévenu par Claude Vallée, huissier royal, de la liste des témoins convoqués le procureur général le 2 mars 1833, qui sont :

  1. le sieur Vernial, médecin à Civray.
  2. le sieur Joseph Albert, 46 ans, maire à Savigné. Il est prévenu le 2 novembre du crime par le cabaretier Latreille.
  3. Pierre Latreille, 58 ans, aubergiste au Magnou de Savigné. C'est l'hôte de Texereau, Gayet, les frères Massias et autres.
  4. Marie Garnier, 55 ans, femme du précédent.
  5. Jean Latreille, 17 ans, fils des précédents.
  6. René Massias, 29 ans, propriétaire à Savigné. Il est présent au cabaret des Latreille le 1er novembre.
  7. Auguste Massias, 24 ans, tailleur d'habits à Blanzay, frère du précédent.
  8. Louis Texereau, meunier Périgné de Savigné. Beau-frère et cousin de l'accusé. Il est présent au cabaret le 1er novembre.
  9. Louis Rousseau, 21 ans, domestique du meunier Texereau, présent au cabaret.
  10. François Guineau, cultivateur au Tardy de Savigné, présent au cabaret.
  11. François Blanchard, 45 ans, garde-champêtre à Savigné. Le 1er, après la messe, Gayet lui demande de visiter et d'estimer les dégâts commis dans son pré par le mulet de Texereau.
  12. Jeanne Vincent, 32 ans, marchande colporteuse à Montazay de Savigné. Le premier du mois, dit-elle, je me rendai de la Boutaudière à Montazay, j'entendis quelqu'un pousser un cri que je pus distinguer, mais qui me sembla partir du coté du Magnou ou de Périgné. Je fus effrayée que j'allais retourner à la Boutaudière, quand j'entendis quelqu'un chanter, ce qui me rassura.
  13. Marie-Anne Bourdon, 52 ans, femme de Joseph Lapauze, maréchal à Savigné. Le père de Texereau vient chez eux se plaindre du vol de 400 francs commis par son fils.
  14. Jean Creuzeau, 37 ans, maréchal à Savigné, gendre de la précédente. Il est présent lorsque Texereau père vient se plaindre.
  15. Jean Germain, 20 ans, cultivateur au Colombier de Savigné. Il est présent au cabaret des Latreille le 1er novembre.
  16. Jeanne Ancelin, 32 ans, femme Jean Gayet, à Savigné, épouse de la victime.
  17. Louis Lemoine, 44 ans, gendarme à Civray, est l'un des gendarmes à conduire Texereau à la maison d'arrêt de Civray, le 2 novembre 1832. Durant le trajet de son domicile à la prison, Texereau ne pipe mot, bien qu'il eut été averti des raisons de son arrestation.
  18. Jean Trapon, 45 ans, gendarme à Civray, accompagne le sieur Lemoine et Texereau. C'est lui qui trouve les sabots de Texereau, et qui les compare aux pas laissés près de la scène du crime. Lorsqu'il apprend la nouvelle de l'arrestation de Texereau aux habitants de Charroux, ces derniers manifestent une grande joie, particulièrement les sieur Malapert, maire, et Malapert, commandant de la garde national, qui dirent qu'il était un un très mauvais sujet.
  19. Jean Moricheau, 59 ans, propriétaire au Breuil-Margot de Savigné. Le 29 octobre 1832, il parle avec Texereau de son mulet qui parageait dans le champ de Gayet.
  20. Louis Garreau, 13 ans, sans profession, de la Garde de Savigné. Le 21 octobre 1832, il conduit sa jument dans la prairie de Périgné et rencontre près du puits du Magnou le sieur Texereau, qui lui demande s'il sait où se trouve le pré de Gayet situé sur les coteaux. L'enfant étant affrimatif, Texereau s'exclame : « Ah le gueux ! il a pris mon mulet dans ce pré mais il s'en rappellera ! »
  21. Jeanne Garreau, 20 ans, propriétaire domiciliée au Breuil-Margot de Savigné, n'a aucune connaissance du crime commis par Texereau. Elle est entendue car elle se trouvait, les 1er et 2 novembre précédents, dans l'ouche de sa mère, sise au Magnou, pour y ramasser des pommes tombées sous les arbres et pour y porter un fagot d'épines. Elle avait ces jours-ci ses sabots, qui furent comparer aux empreintes laissées près de Gayet : les sabots de la fille Garreau avaient environ 6 lignes de plus en longueur.
  22. Pierre Garreau, 17 ans, propriétaire au Breuil-Margot de Savigné, frère de la précédente, s'est rendu dans l'ouche de sa mère au Magnou le lendemain de l'agression, pour semer du coupage. Il n'y a remarqué que les pas de sa soeur, venue dès le matin. Pendant qu'il travaillait, Texereau se rendait chez lui et, passant près de lui, lui demanda ce qu'il faisait. Texereau lui dit qu'il avait planter des oignons pour la graine, il se lava les mains dans la charrière et ne parla pas de l'accident de Gayet, que Garreau venait d'apprendre quelques instants plus tôt par Latreille. Le jeune homme avait ce jour-là ses sabots, qui furent examinés par les autorités. Ils étaient plus longs d'un pouce que ceux de Texereau.
  23. Jean Gayet, cultivateur à Savigné, victime.
  24. Gustave Olivier Malapert, 35 ans, maire de Charroux, indique que la clameur populaire sédigne Texereau comme un homme dangereux.
  25. Victor Malapert, 46 ans, chef de bataillon de la garde national au chef-lieu de  Charroux. Il connaît Texereau depuis longtemps, avec qui il a une altercation à propos de leurs fils respectifs.
  26. Jean-Victor Proux, 33 ans, aubergiste et cafetier à Charroux, n'a pas connaissance du crime, mais déclare qu'il a toujours connu Texereau, lorsqu'il était son voisin, comme un homme méchant et vindicatif. Il s'agit du maître de la domestique qui acheta à son compte du sucre et qui perdit sa volaille et deux chèvres, empoisonnées à l'arsenic.
Spontanément, Pierre Piedebout, domestique au Chaffaud, vient se présenter devant le procureur du roi à Civray, et déclare qu'un jour, quatre ans auparavant, Texereau lui a dit : « je joindrai Gayet dans un temps ou dans un autre, tôt ou tard, je lui donnerai son compte. » Il n'est pas convoqué à l'audience.
Le procès a lieu le 6 mars 1833.

Les questions sommaires soumises au jury, et ses réponses, sont :

  • 1ère série :
    • Jean Texereau accusé est-il coupable d'avoir, pendant la nuit du 1er au 2 novembre dernier, tenté de donner volontairement la mort au nommé Jean Gayet, laquelle tentative manifestée par un commencement d'exécution, n'a été suspendue ou n'a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur ? non.
    • L'accusé a-t-il commis la dite tentative avec préméditation ? non.
    • L'a-t-il commise de guet-à-pent ? non.
  • 2ème série :
    • Jean Texereau accusé est-il coupable d'avoir, pendant la nuit du 1er au deux novembre dernier volontairement porté des coups et fait des blessures au nommé Jean Gayet, lesquels coups et blessures lui ont occasionné une maladie ou une incapacité au travail personnel pendant plus de vingt-et un jours ? oui à la majorité de plus de sept voix.
    • L'accusé a-t-il commis le crime mentionné dans la question précédente avec préméditation ? oui à la majorité de plus de sept voix.
    • L'a-t-il commis de guet-à-pent ? oui à la majorité de plus de sept voix.
A l'issue du procès, il est condamné à 10 ans d'emprisonnement.
Il se pourvoit en cassation, pourvoi rejeté par le chambre criminelle de la cour de cassation au palais de justice de Paris, le 4 avril 1833.

A l'époque, nous dit Wikipédia, l'article 22 du code pénal prévoyait qu'en peine accessoire d'une condamnation aux travaux forcés ou à la réclusion, le condamné soit exposé au regard du peuple pendant une heure sur une plaque publique, un écriteau informant les passants sur son nom et le crime commis : le carcan. Il s'agissait de renforcer l'exemplarité de la peine principale, mais son intérêt de ce point de vue fut l'objet de doutes, particulièrement, dans les grandes villes, cas le plus fréquent, où l'événement, devenu banal, ne retenait plus l'attention et où par ailleurs le condamné était relativement inconnu et plus indifférent à sa réputation. Appelé également pilori ou échelle patibulaire (il existe encore la toute petite rue de l'échelle du Palais, derrière le palais de justice de Poitiers), il fut définitivement aboli le 28 avril 1832, mais laissé, par la suite, à l'appréciation des juges de la cour d'assises. La peine fut définitivement supprimée par un décret du 12 avril 1848 (Wikipedia). Jean Texereau, condamné, fut donc exposé une heure, le 27 avril 1833, sur la Place du Marché, où se font ordinairement ce genre de choses. Il est amusant de constater que le greffier qui établit le procès-verbal, Micheau, se rend au domicile du sieur Prieur Petit, marchand vivant sur cette place, pour constater la bonne exécution de la peine.

Pendant son incarcération, sa femme va accoucher de son troisième enfant, Louis, le 5 juillet 1833, présenté devant le maire de Savigné par son grand-père Jean Texereau et son oncle Louis Texereau, meunier de Périgné. Le père n'est qu'à peine mentionné. Il est libéré bien avant le 23 août 1842, date à laquelle il présente son quatrième enfant, Pierre, devant le même maire.
S'il habite plusieurs années après sa libération à Savigné, la cohabitation avec ses riverains ne doit être facile : en 1851 et en 1856, il apparaît bien comme propriétaire cultivateur vivant au Magnou, avec sa femme, ses enfants et sa soeur Jeanne Texereau. En 1861, il n'y habite plus, il est installé comme propriétaire à Villemain (Deux-Sèvres) depuis au moins depuis le 1er juin 1860, date à laquelle sa soeur Jeanne Texereau décède audit lieu. Son fils Louis y décède le 7 janvier 1861.
Texereau a du mal à tenir en place. Le 11 novembre 1867, date à laquelle se marie son fils Pierre, il vit comme jardinier au lieu-dit de la Grange à Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime). C'est là que son épousa meurt, le 24 avril 1872. J'ignore ce qu'il advient par la suite, jusqu'à son décès, survenu le 8 février 1874 à l'hôpital général de Poitiers.


Jean
Texereau
(°1793, Savigné-
+1874, Poitiers),
marié à
Marie Texereau



Jean
Texereau
(°1827, Charroux-
+1886, la Rochelle),
marié à
Augustine Babou
Jeanne
Texereau
(°1830, Charroux)
Louis
Texereau
(°1833, Savigné-
+1861, Villemain)
Pierre
Texereau
(°1842, Savigné),
marié à
Marie-Pauline Beaumont, puis à Amélie Tamara






Céline Marie Tessereau
(°1863, Saint-Florent),
mariée à Amédée Petit
Augustine Marie
Tessereau
(°1870, Saint-Florent-
+1870, Saint-Florent)
Marie-Pauline
Texeraud
(°1868, Saint-Jean-d'Angély-
+1869, Saint-Jean-d'Angély)
Marie-Louise
Texeraud
(°1870, Saint-Jean-d'Angély-
+1870, Saint-Jean-d'Angély)
Pierre
Texeraud
(°1871, Saint-Jean-d'Angély), marié à Marie-Clothilde Guesdon
Louis Augustin
Texeraud
(°1872, Saint-Jean-d'Angély), marié à Athanase Toussaint Bernet
Céline Louise
Texeraud
(°1874, Saint-Jean-d'Angély), mariée à Octave Daviaud
Victor
Texeraud
(°1880, Saint-Jean-d'Angély), marié à
Jeanne Thaïs Marie Berthelot

Sources : Archives départementales de la Vienne (2U1513).

jeudi 14 mai 2015

Les instituteurs

Norbert Antoine Montagne, fils d'Antoine, cultivateur, et de Françoise Robin, naquit le 19 novembre 1820 au village du Montet de Saint-Gaudent, et y était instituteur communal, lorsqu'il épousa, le 27 septembre 1843, audit lieu, Françoise Brousseau, fille de feu Jacques et de Marie Tribot. Il fut par la suite instituteur communal à Savigné dès janvier 1847, à la naissance de son fils Lucien Norbert. Il était encore en poste en 1872, puis était en retraite en 1876. Pendant son mandat, il y eut également :
  • Pierre Émile Serin, né vers 1835, instituteur adjoint en 1856.
  • Julie Fombelle, née le 27 mai 1839 à Savigné, fille de Pierre, aubergiste au chef-lieu de la commune, et de Marie Barbot, y était institutrice en 1861. Elle l'était encore lorsqu'elle y épousa, le 8 juillet 1863, Jean Morisset, également instituteur public à Saint-Georges-de-Noisné (Deux-Sèvres), où le couple s'installa. Elle n'exerçait plus l'année suivante.
Pierre Émile Montagne, fils du précédent, né le 19 mars 1849 à Savigné, y était instituteur adjoint lorsqu'il y épousa, le 28 septembre 1870, Christine Amélia Bernardeau, fille de Jean et de Marie Bertrand. Il était instituteur à Savigné à partir de 1872 jusqu'en 1891 au moins. Il fut secondé par :
  • Victor Hyacinthe Couturier, né vers 1876, instituteur adjoint en 1886.
  • sa fille, Marie Angélique Constance Amalia Montagne, née le 20 juillet 1871 à Savigné, qui y était institutrice adjointe avec son père en 1891, et qui l'était encore lorsqu'elle y épousa, le 5 septembre 1894, Eugène Marchadier, instituteur adjoint à Bonneuil-Matours, fils de feu François et de Justine Bouchet.
  • Désirée Duffaud, institutrice adjointe, née vers 1874.
Éléonor Pierre Ferdonnet, instituteur adjoint à Sommières-du-Clain lorsqu'il s'y maria en 1885, fut instituteur à Champagné-Lureau dès 1886, puis instituteur public à Savigné en 1896. Fils de Pierre Éléonor, instituteur public à Bouin puis à la Bataille (Deux-Sèvres), et de Geneviève Petit, il était né en ce dernier lieu le 27 janvier 1864. La profession d'instituteur était une histoire de famille, ses deux frères eurent également la même vocation : Éléonor Gabriel Jules en fut à Bouin puis à Gournay, et Joseph Eugène à Lorigné puis à Crezières.

mercredi 13 mai 2015

Les curés

Archipresbyteri de Savigniaco et de Cientiaco

Brouillet disait, en 1865, d'après les Mémoires de dom Fonteneau, qu' « autrefois, les archiprêtrés de Savigné et de Gençay, qui dans l'origine étaient probablement séparés, furent réunis en la personne du curé de Savigné. Dans la suite, les évêques de Poitiers ont supprimé l'archiprêtré de Savigné, pour ne laisser que ce titre à celui de Gençay, toujours subsistant et attaché au curé de Savigné, de façon que l'on dit aujourd'hui le curé de Savigné, archiprêtre de Gençay. Par cet arrangement, le curé de Gençay n'au aucun titre d'archiprêtre. Savigné est un bourg très inférieur à celui de Gençay. C'est sans doute la raison pour laquelle on a supprimé l'archiprêtre de Savigné »[1]. 



Sous l'ancien régime :
vers 1668-1702Guy Lardin, archiprêtre de Gençay et curé de Savigné.
Le 16 août 1694, il transigeait avec Pierre Rivault, sieur de Mériget et Françoise Imbert, sa femme, devant Doridan, notaire à Charroux.
De 1702 jusqu'à sa mort, il signe quelques actes dans les registres paroissiaux sous le terme de "prêtre indigne" (c'est-à-dire qu'il n'a plus la charge de la cure, cf l'article de Ouebagogo).
Il fut inhumé le 7 janvier 1706 et Borde dit de son prédécesseur « qu'on peut à bon droit appeler le restaurateur de cette église, qu'il a conduite pendant près de trente six à huit ans avec une sagesse et un zèle digne d'un excellent pasteur ». Furent présents à la cérémonie Me de la Faye, écuyer, seigneur de la Groie, ainsi que les sieurs Rifauld, curé de Civray, et Dupont, curé de Saint-Clémentin.
  • 1700-1701 : G. Dubois, prêtre vicaire ;
1703-1744François Borde, archiprêtre de Gençay et curé de Savigné. Il était, le 18 décembre 1733, copropriétaires avec les Augustins de Mortemart, du fief de Malpierres et de la Roderie, à Charroux (Beauchet-Filleau, tome 2, p. 627). Né vers 1677, il fut inhumé le 19 janvier 1744 dans sa paroisse.
  • 1737-1743 : Pierre Borde, vicaire (voir ci-dessous) ;
  • 1743 : J. Huteau, vicaire ;
  • 1744 : Gilbert, vicaire ;
1744-1772
Archives en ligne, Savigné,
BMS - 1744-1753, v.2/115
Pierre Borde, archiprêtre de Gençay et curé de Savigné prit possession de la cure le 18 janvier 1744, sur les 11 heures du matin, comme l'indique sa note sur les registres de la paroisse.
Il était le fils de Jacques Philippe et de Perrine Imbert et fut baptisé le 11 février 1713 à Savigné. Il mourut le 22 juillet 1772 et fut inhumé le lendemain au cimetière de sa paroisse, en présence de Louis Borde, sieur du Cron, son frère, de Nicolas Corderoy, sieur du Madit, et de Pierre Maréchal, ses beaux-frères, de Louis et Pierre Albert, ses neveux, ainsi que Maignen, curé de Civray, Lambert, curé de Genouillé, de Saint-Hilaire, curé de Saint-Gaudent, et de nombreux autres parents et amis.
  • 1750-1751 : Malapert, vicaire.
  • 1752-1755 : Ogier, vicaire.
  • 1756 : J. Rempnoulx, vicaire.
  • 1757 : Demagré, vicaire.
  • 1758-1761 : Touzalin, vicaire.
  • 1762 : Robert, vicaire.
  • 1763-1765 : P.H. Demauge, vicaire.
  • 1766 : Loyzeau, vicaire.
  • 1767-1768 : P.H. Demauge.
  • 1769 :P. Miel.
  • 1772 : Touzalin, curé de Voulême (remplaçant).
  • 1772 : Père Blanchereau, prieur de Montazais, faisant pour monsieur le curé (remplaçant).
  • 1772 : F. Constance, capucin, prêtre (remplaçant).
  • 1772 : F. Martin, prêtre capucin, faisant pour monsieur l'archiprêtre (remplaçant).
1772-1783Jacques André Touzalin, archiprêtre de Gençay et curé de Savigné et de Voulême (signe "ancien curé" à partir de janvier 1783). Il était curé de Voulême lorsqu'il remplaça son prédécesseur, puis fut reçu dans son office à partir du 23 juillet 1772.
Fils de René et de Marguerite Lhuillier, il fut baptisé le 1er décembre 1729 à Saint-Savin de Poitiers. Sa mère décéda le 3 mai 1772 à la cure de Voulême et fut inhumée le lendemain, en présence de messieurs Martin, prieur de Saint-Savin, de Saint-Hilaire, curé de Saint-Gaudent, Gaschet, prieur curé de Saint-Macoux, Maignen, curé de Champniers, Touzalin, curé de Voulême desservant Savigné, Touzalin desservant la cure de Voulême. Son père, maître menuisier, mourut le 20 mars 1780 à la cure de Savigné, à l'âge de 80 ans et 8 mois, et fut inhumé le lendemain dans le cimetière de la paroisse par Girault, le curé de Charroux.
Jacques André Touzalin mourut le 4 mai 1783 et fut inhumé dans le presbytère de l'église de Savigné le lendemain en présence de son frère Jean-Baptiste Touzalin, curé de Savigné, de Pierre Touzalin, son neveu et de Picaud, curé de Genouillé.
  • 1780-1782 : Bastard, vicaire.
  • 1782-1783 : Torçay, vicaire.
1783-1792
Jean-Baptiste Touzalin, frère du précédent, était auparavant desservant de Voulême.
  • 1787-1791 : Giraud, vicaire.
  • 1791-1792 : Guyot, vicaire.



Après la révolution :
avant 1851-1868Antoine Augustin Deydier.
  • 1851 : Pierre Simonet, sacristain.
1868-1878Louis Babin, fils de François et de Françoise Babin, naquit le 25 octobre 1831 à Beaumont (Vienne) et décéda le 13 février 1878 à Savigné.
1878-1890Louis Adolphe Tendron, fils de Pierre et de Louise Girard, naquit le 31 décembre 1829 à Civray. Il décéda le 30 mai 1890 à Savigné.
1890-1896Henri Joseph Brouard, né vers 1850 à Tours, fils d'Armand, né vers 1824, et de Véronique Goguet, née vers 1824. Il mourut le 23 mai 1896 à Savigné.
1896-1901Léon Vitet, né vers 1841, était le fils de Julien et de Marie Robergeau. Au mariage de son frère, en 1872, il est professeur ecclésiastique à Saint-Sauvant (Vienne).
1901-?
L'abbé Grelet
(source Revue de

Mycologie et
G. Fourré, 1985,

et site ici)
Louis Joseph Grelet naquit le 8 octobre 1870 à Vallans (Deux-Sèvres). Fils de Louis, cultivateur et propriétaire, et d'Henriette Baronnet, institutrice, mariés le 9 octobre 1865, le futur prêtre a fréquenté le collège Saint-Hilaire de Niort et à Poitiers. Il se consacra également à l'enseignement des mathématiques. Abbé au collège de Rom (Deux-Sèvres) en 1893 et curé des Fosses (Deux-Sèvres) cette même année, puis, l'année suivante, curé à Nueil-sous-les-Aubiers, il était un homme qui s'intéressait tout particulièrement à la botanique. Il pensait, en 1905 que "les terres de Savigné (Vienne), toutes cultivées, doivent être assez pauvres au point de vue botanique. Il n'en serait peut-être pas de même des environ d'Availles-Limousine, dont il a souvent entendu parler" (bulletin de la Société Botanique des Deux-Sèvres, 1905). Il établit des herbiers de la région, qu'il abandonna presque aussitôt pour se consacrer aux champignons et publia, en août 1900, le Manuel du mycologue amateur ou les champignons comestibles du Haut-Poitou (librairie H. Boulord, à Niort). Il devint, au début du XXe siècle, l'une des seules références françaises en mycologie. Vicaire de l'église Saint-Jean-Baptiste de Châtellerault à partir de 1895, il fut par la suite curé de Savigné, dès 1901, et il mourut le 25 janvier 1945 (source Wikipedia italien).



[1] — Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civrai, par P. Amédée Brouillet, 1865 ;

mardi 12 mai 2015

Les maires


janvier 1790Première élection municipale, suite à l'assemblée du 31 janvier 1790, sous la présidence de Jean-Baptiste Touzalin, archiprêtre de Gençay et curé de Savigné, et du secrétaire Jacques Marie Pressac de la Forgerie, ainsi que de trois scrutateurs qui furent : Louis Minereau, Jean Blanchard et Pierre Lucquiaud. Ce jour-là, furent élu :
  • Jean Debenest, du village de Lizac, maire.
  • Jean-Baptiste Touzalin, premier officier municipal.
  • Benoit Brunet, second officier.
  • Jean Moreau, de Vergné, troisième officier.
  • Jacques Caillé, quatrième officier.
  • Jean Blanchard, cinquième officier.
  • Guy Imbert, chirurgien, procureur de la commune.
  • notables : Pierre Moreau, de Villeneuve, Jean Vergeau, Pierre Albert de Combourg, Jean Tribot, Jean Bert, Pierre Imbert Belâbre, Antoine Bonnin de la Coratière, Jean Fretier, Jean Guitton, François Provost, Jacques Tenault et Jean Bonnin, dit Élie.
1800-
1806
Pierre-Jacques Dupuy.
1806-
1812
Jean-Étienne Serph.
1812Joseph Albert. Fils de Louis-Pierre et de Julie Corderoy, il décéda le 30 avril 1856, à son domicile sis à Bellevue.
Conseil de 1833 : Marchive (adjoint), Leclerc, Debenest, Pierron, Trasleboux, Massias, Minot, Cardin, Brouillet, Bernardeau, Guitton, Arnaud, Fombelle, Talbot et Robin.
septembre 1848Ferdinand Marchive.
mai 1849Denis Pestureau, fils de Pierre et de Marie Granier, naquit le 14 vendémiaire de l'an XIV à Saint-Pierre-d'Exideuil. Il épousa, le 17 février 1830, à Blanzay, Françoise Mauduit, puis fut propriétaire au Tardy, et y mourut durant son second mandat de maire, le 23 octobre 1859.
1850François Minot.
1857Denis Pestureau.
1859Louis-Pierre Artamène Albert, né le 22 novembre 1816 à Savigné, était le fils de Joseph, ancien maire de la commune, et d'Anne Imbert. Il mourut sans alliance, le 24 juillet 1890 à Bellevue, en sa commune.
1860
Gusman Serph
(1820-1902)
Gusman Marc Serph, « fut, à 24 ans, chef de cabinet du préfet M. d'Imbert de Mazères, et fut attaché à la préfecture de la Corse de 1849 à 1851. Rentré dans la vie privée en 1852, après le coup d'Etat, il s'occupa principalement d'agriculture et mérita de nombreuses récompenses aux expositions régionales (v. Les Engremys des Serph). Président du comice agricole de la Vienne, conseiller général de la Vienne, et d'opinions orléanistes, il échoua comme candidat indépendant au Corps législatif dans la 3e circonscription de la Vienne, le 1er juin 1863, avec 6,631 voix contre 10,775 à l'élu, M. Bourlon, candidat officiel. Elu, le 8 février 1571, représentant de la Vienne à l'Assemblée nationale, le 3e sur 6, par 56,506 voix (62,819 votants, 95,858 inscrits), il prit place au centre droit, et vota avec la majorité, pour la paix, pour l'abrogation des lois d'exil, pour la pétition des évêques, contre le service de trois ans, pour la démission de Thiers, pour le ministère de Broglie, contre l'amendement Wallon, pour les lois constitutionnelles. Réélu, le 20 février 1876, comme candidat du « Comité national conservateur », député de l'arrondissement de Civray, par 6,718 voix (10,800 votants, 13,914 inscrits), contre 3,984 à M. Couteaux, républicain, grâce à l'appui du parti bonapartiste auquel il promit 1 appel au peuple en 1880, il prit de nouveau place à droite, et, au 16 mai, soutint le ministère de Broglie contre les 363. Réélu, le 14 octobre 1877, par 7,517 voix (11,163 votants, 14,224 inscrits), contre 3,584 à M. Couteaux, il fut, en décembre 1879, l'un des fondateurs du groupe constitutionnel auquel la mort du prince impérial donna pendant quelque temps une certaine importance; il était alors vice-président du conseil général de la Vienne. Réélu de nouveau, le 21 août 1881, par 6,192 voix (12,039 votants, 14,917 inscrits), contre 5,769 à M. Merceron, il fut invalidé et dut se représenter devant ses électeurs qui le renommèrent député, le 2 juillet 1882, par 6,988 voix (12,564 votants, 15,320 inscrits), contre 5,520 à M. Merceron. Il continua de siéger à droite, et de combattre par ses votes la politique scolaire et coloniale des ministères républicains. Porté sur la liste conservatrice de la Vienne, le 4 octobre 1885, il fut réélu, le 1er sur 5, par 42,962 voix (80,919 votants, 101,883 inscrits), continua de voter avec la minorité de droite, et, dans la dernière session, s'abstint sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement (11 février 1889), et se prononça pour l'ajournement indéfini de la révision de la Constitution, contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse, contre les poursuites contre le général Boulanger. » '"Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889" — Adolphe Robert et Gaston Cougny). « Gusman Serph fut élu à nouveau député de la Vienne, dans la circonscription de Civray, le 22 septembre 1889, au premier tour de scrutin, avec 7.189 voix sur 15.403 inscrits et 10.082 votants. Se présentant comme candidat conservateur-révisionniste, Serph qui, le 11 février 1889 à la Chambre, s'était abstenu dans le vote sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement, demandait que l'on donnât la parole à la France. En 1893, il écrivit qu'il avait été trompé dans ses espérances, la dernière Chambre n'ayant fait que suivre les errements de celles qui l'avaient précédée depuis 1876. Dénonçant scandales, procès honteux, turpitudes et marchandages, il invita « le pays désabusé à n'envoyer à la Chambre prochaine que des députés résolus à poursuivre le retour de l'honnêteté dans l'exercice du pouvoir ». Au premier tour, il fut en ballottage avec 5.408 voix contre 2.973 à Brouillet et 2.339 à Salmon, sur 15.410 inscrits et 12.887 votants, mais il l'emporte au second, le 3 septembre, par 6.199 voix contre 5.915 à Brouillet, sur 15.408 inscrits et 12.331 votants. A la Chambre, il devint. membre de diverses commissions et président de plusieurs bureaux. Il déposa des propositions tendant à l'indemnisation des victimes de calamités agricoles dans l'arrondissement de Civray et prit part à la discussion d'un texte de loi modifiant le taux des droits de douane sur les chevaux et mulets. Battu le 8 mai 1898 par son adversaire des élections précédentes - Brouillet, chef de cabinet de Cambon, gouverneur général de l'Algérie - qui obtint 5.190 voix alors qu'il n'en recueillait que 2.419, il se retira de la vie politique. Gusman Serph était président d'honneur du syndicat agricole de Civray, président cantonal du comice, membre de la société des agriculteurs de France. Il mourut le 26 mars 1902 à Savigné, dont il était maire, à l'âge de 82 ans. » ("dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940" — Jean Jolly).
1862Louis Charles Auguste Serph, né le 19 septembre 1815 à Civray, était le fils de Charles Sylvestre et d'Émilie Caroline Vanhemer.
août 1870Gusman Serph. Second mandat.
mai 1892
Archives départementales
de la Vienne en ligne
,
Poitiers | Registre matricule
1877 | 369-1191, v. 41/167
Célestin Pierre Mathias Tralboux, dit "Célestin", né le 28 février 1857 à Savigné, était le fils de Louis et de Marie Poupart. Engagé conditionnel d'un an le 27 octobre 1876, il incorpora le 114e régiment d'infanterie et passa dans la disponibilité le 8 septembre 1877. Il intégra la réserve de l'armée active le 27 octobre 1881, puis épousa, le 4 juin 1882, à Savigné, Marthe Salliard, fille d'Eugène, propriétaire à Loing, et de Françoise Anaïs Pontenier. Le 1er septembre suivant, il fut nommé sergent. Il accomplit ses périodes d'exercice au 125e régiment d'infanterie, du 23 août au 20 septembre 1882, puis du 25 août au 21 septembre 1884, et passa dans la réserve territoriale au 68e, le 27 octobre 1885, dans lequel il accomplit une période d'exercice du 16 au 30 avril 1887. Il fut nommé adjudant le 18 janvier 1892. Rendu veuf, il se remaria, le 4 juin 1894, au même lieu, à Marie-Adelphine Sozeau, fille du buraliste Louis, et de Jeanne Fergé. Suite au décès du docteur Guillaud-Vallée, survenu en octobre 1895, et pour lui succéder au conseil général de la Vienne, canton de Civray, il fut élu le 5 janvier 1896 conseiller général de la Vienne à Civray, contre Gusman Serph, qui avait perdu la précédente élection contre Guillaud-Vallée lui-même en 1892, et également celle de la mairie de Savigné en 1888 contre Tralboux. Ce dernier était reconduit dans son mandat de maire en mai 1896, qu'il perdit 4 an plus tard contre Belhoir, beau-frère de Guillaud-Vallée. Il fut conseiller général jusqu'à son décès, survenu le 21 août 1920, à Savigné.
mai 1900Belhoir.
mai 1908André Bouyer, maire. Pierron, adjoint.
mai 1912André Bouyer, maire. Pierron, adjoint.
décembre 1919André Bouyer.
1922-mai 1925-mai 1929
Archives départementales
de la Vienne en ligne
,

Poitiers | Registre matricule
1876 | 411-1256, v. 136/172
Frédéric Léon Bouchet. Fils de François, propriétaire, et de Marie Bouchet, il naquit le 3 février 1856 à Bréhus, commune de Romagne. Parti le 10 décembre 1877 pour le 3e régiment d'infanterie de marine, en qualité de soldat de 2e classe, il fut nommé caporal le 21 août 1878, puis sergent le 3 août 1880. Il fut mis en congé de 6 mois renouvelable à compter du 17 novembre 1881 et passa dans la réserve de l'armée active le 1er juillet 1882. Pendant son service, il avait servi sur "la Creuse" du 21 juillet 1879 au 8 novembre suivant, puis en Nouvelle-Calédonie jusqu'au 4 juillet 1881, et enfin sur "le Rage" du 5 du même mois jusqu'au 10 septembre suivant. Il épousa, le 28 avril 1884, à Savigné, Marie-Louise Minot.
mai 1929Pierre Mercier
mai 1935Pierre Mercier
1945Adolphe Dominique Naud. Fils d'Adolphe Alexis Naud, cultivateur, et de Marie Gilot, il naquit le 30 avril 1905, à Chez Rantonneau de Savigné et mourut audit lieu le 10 juin 1984. Il y avait épousé, le 15 janvier 1927, Lucienne Deschamps.
1946Maurice Furet. Fils de Louis Furet, gendarme à cheval, et de Jeanne Mathilde Élisabeth Pérault, il naquit le 28 novembre 1896, en la demeure de ses parents, sise rue du Grand Four, à Civray. Il épousa, le 17 septembre 1921, à Savigné, Marcelle Louise Émilienne Bruneau, et y mourut le 2 mars 1952.
1952Fernand Touron.
1953Germain Rocher.
1958Fernand Touron. Second mandat.
1970Adolphe Dominique Naud. Second mandat.
1981René Massonnet.
2008Christian Grimaud.
2014Roland Vaillier.

lundi 17 novembre 2014

Copie des registres | 15 février 1790

Déclaration de messieurs les chapelains de la baye[1] de Charroux, enregistré le 15 février 1790

Extrait de la déclaration que rendent et par devans messieurs les officiers municipaux de la ville et paroisse de Charoux, messieurs les chapelains des chapeles de St Michel et de St Embroise dudit Charoux, des biens, droits et revenus des dittes chapelles.
Plus il est du audit collège, la rente noble noble de deux Bx[2] fromans, deux Bx seigle mesure de Civray, pour les deux dues sur la tenue des ageons[3] des dépendances du village de la Choffière, en la paroisse de savignié.
Plus une rente noble de quatre Bx seigle, même mesure de Civray, düe sur la tenue appelée des Embroisiens des dépendances du village du grand lizac, même paroisse de savignié, je certifie et affirme sincère et véritable le susdit extrait. Signié Laborderie, religieux de charroux et fondé de procuration de messieurs les chapelains de St Michel et de St Embroise de Charoux.
Plus est du au petit couvent une rente foncière de de douze boisseaux seigle, douze Bx avoine, mesure de Civray, et de deux chapons, sur le village et dépendances du village du chafaus sur la paroisse de savignié.
Plus une rante seconde de cinq livres en argent sur le pré de la darb, des memes dépendances et dans la même paroisse. Certifié et affirmé sincère et véritable, le susdit extrait : Laborderie — religieux et agent et syndic du chapitre de la baye de charoux.

[1] — l'abbaye
[2] — boisseaux
[3] — peut-être ajoncs

mercredi 12 novembre 2014

La margelle de Fayolle

Comme le signale Brouillet, il existe dans l'arrondissement de Civray « plusieurs fosses circulaires dont les dimensions offrent de grandes variétés. Ces dépréciations de terrain sont-elles uniquement le fait de la main de l'homme et les eaux, qui ont couvert la surface du globe, n'ont-elles pas ébauchés ces vastes entonnoirs dont le diamètre et la profondeur de quelques uns semblent éloigner toute pensée de travail humain ? Cependant, leurs positions presqu'uniformes sur des points culminants, près d'enceintes ou de quelques autres monuments présumés d'origine celtique, donnerait à croire que des hommes ont achevé ce que la nature avait peut-être commencé ». M. Ferret a reconnu, dans la cité de Limes auprès de Dieppe, des « habitations composées de fosses circulaires qui probablement étaient recouvertes de branches d'arbres, etc ».
La margelle (ou fosse) de Fayolle (fig. 1) est « située sur un vaste plateau et ne laisse voir autour d'elle aucun trace des terres qui en ont été retirées. Elle a, à peu près, 258 mètres de circonférence sur 6 à 8 m de profondeur. Au sud et à l'est, sur les bords de cet immense cône renversé, existent deux petites enceintes en terre, de forme allongée et irrégulière, faites dans un but de défense ».


L'enceinte au sud de la fosse, comme le décrit Brouillet, a « 24 m de l'ouest à l'est et 20 m du nord au sud »On y pénétrait par une seule porte bien visible et située à l'est. Des traces de fossés avec parapets venaient se relier à cette enceinte et s'étendaient du nord au sud (fig. 2). La seconde enceinte, située au nord-est de la fosse, a 27 m du nord au sud et 19 m dans sa plus grande largeur, de l'ouest vers l'est (fig. 3). Elles se composent de remparts de terre mêlée de pierres qui ont encore, dans certains endroits, près de 2 m de haut ; des fossés, au trois quarts comblés, mais encore apparents, étaient en avant de ces parapets ».
« L'endroit où sont situées ces enceintes et cette fosse est un point très culminant qui domine les terrains voisins, et qui fait face aux retranchements des Ages ».

Extrait de l'Indicateur archéologique
de l'arrondissement de Civraip. 275



Sources :

  • Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civrai : depuis l'époque anté-historique jusqu'à nos jours, pour servir à la statistique monumentale du département de la Vienne, Pierre-Amédée Brouillet, 1865.