mardi 5 juillet 2016

Abel Pissard (1897-1919), mort pour la Patrie

Au cimetière de Savigné, repose un homme, portant la mention "Mort pour la Patrie" sur sa stèle. Il a porté le même patronyme que moi (pas de lien de parenté du côté Pissard), et qui plus est de Savigné, et cette mention m'a intrigué pendant toute ma jeunesse.


Alexis Abel Pissard est né le 7 septembre 1897 à Savigné. Il était le fils d'Alexis, cultivateur au Chaffaud, et de Marie Bernard, sa seconde épouse.
Il incorpore le 66e régiment d'infanterie, le 9 janvier 1916, et est réformé par la commission spéciale de Laval, du 24 novembre 1917, pour "tuberculose pulmonaire, induration, bronchite et pleurite". Il est rayé des contrôles le lendemain.
Il meurt le 13 octobre 1919 à son domicile, au Chaffaud de Savigné, des suites de sa maladie. Contractée au service, elle lui vaut cette fameuse mention (voir sa fiche sur le site Mémoire des Hommes).

samedi 25 juin 2016

Village perdu de "Chez Pissard"

Je vous ai raconté comment j'avais retrouvé une pièce de terre appelée "Les Pissards", sur la commune de Savigné.
L'autre jour, je suis tombé sur une minute de Vaugelade, notaire à Civray, datée du 16 février 1655, selon laquelle Gabriel Girault, laboureur à bras, demeurant au village de Chez Pissard, paroisse de Savigné, baillait, louchait et affermait, à Michel Girault, texier en toiles au village de Montazais, susdite paroisse, une maison sise audit village de Montazais, moyennant la somme de soixante sols tournois, pour huit ans.
Je n'ai jamais pu trouvé ce village (hameau ? ferme ?) et c'est la seule mention que je connaisse de celui-ci.

AD86, minutes Vaugelade, 4 E 74/52

mardi 14 juin 2016

Lieu-dit perdu des "Pissards"

Il nous arrive de découvrir quelque chose quand on regarde attentivement là où il ne devrait pas y avoir grand chose. Une fois, j'examine un extrait du cadastre napoléonien de la commune de Savigné, la section E1 de Chez-Benest, 1ère feuille. Il a été établi par Colasson, géomètre, en 1829.
En y regardant, j'ai vu un détail :


Attendez, je zoome :



Un lieu-dit nommé "Les Pissards".

Je me fait un plaisir de retrouver cette pièce de terre sur les cartes actuelles. Une indication essentielle donne son emplacement précis : "Le-Bois-de-Jean", immédiatement au sud-est, est un ancien hameau. On le voit bien sur la carte de Cassini :



De nos jours, cependant, ce hameau de "Bois -de-Jean" n'existe plus :



Il ne reste qu'un petit bois. La pièce de terre nommée "Les Pissards" peut être rapportée sur le cadastre actuel :



Le contour des parcelles a un petit peu changé depuis lors. Notez que le nom des "Pissards" a disparu, au profit de celui de "La Grande Hante". Vu in situ, cet ancien lieu-dit est bien intégré à un ensemble de champs cultivés :


Vue de l'ancien lieu-dit "Les Pissards",
avec le Bois-de-Jean en arrière-plan (avril 2016)

Et vous, portez-vous le nom d'un ancien lieu-dit ?

samedi 21 mai 2016

Un chariot mortel


D'après L'Avenir de la Vienne, des 21 et 22 mars 1898, un épouvantable accident s'est produit à Savigné, le 20 mars, au soir.
Roucher, 17 ans, rentre chez lui lorsque son cheval, ayant pris peur, fait un brusque écart. Le pauvre jeune homme se trouve pris entre un arbre et le moyeu de la roue. Il est écrasé et meurt une heure après, dans d'atroces souffrances.

AD86, Savigné, D - 1893-1902, v.71/133

mardi 17 mai 2016

Chanson populaire : "une fête à Civray"

Air : Viens Poupoule

I.

Dans tous les villages d'au canton
D'au affiches de 2 m de long
Informiant les gens de l'endrét
Q'au y arait-t-une belle fouaire à Civray 
Ollée d'mage qu'o me dit ma motié
Que les foins ne s'aillant pas rentrés 
Sans thieu serions tous allés vouaire
Ce qu'ollait-été que t'hielle belle fouaire 
Ah ! je m'en fou a tantou
Partirons nous autre et tout
A l'heure dite, ma petite oui 
J'attellerons le bouricot, partiron au galop 
Ah ! le prougramme, ma bounne femme voui
Parait si conséquant qu'o sera bin épatant

II.

Je passions près de la route de Chagné
Fallait vouaire le monde qu'o y avai 
Dans tous les routins et les chemins 
Les gens sortions comme d'au lapins 
Sur la grand-route de Savigné 
De Charroux a Vergné 
Y'avai d'au vouétures et et combin 
De quoué emplir trois trains 
Allons y que je dessis plus on est de fous mée on rit 
Trotte bourique, trotte bourique va i 
Quand tu seras rendue t'auras le temps de te repouser 
Oh ! va de l'avouaine, de la boune luzerne (oui) 
Chez Morin y'a ce qu'au faut pour notre bouriquot

III.

A peine étions-y su la piace
Y' allion au palais de grace
Ma femme me dit ollée tout vilain 
Vin qu'iallons voir au lapins 
Avec un brin de bois a deux ronds 
Je gagnons deux bias petits pigeons 
Et ! pis après dans un baquet 
Je prenons un bias petit canet
Eh ! bins si mes amis de vouaire toutes thieu belles lotteries 
Quelle belle fête, Quelle belle fête oui
Oh y'avai d'au gas qui huchion a pienne pias
Ah ! des drollesse, thiée bougresse oui 
Qui pernion le monde d'assaut peur vendre leurs berlingots

IV.

Ce qu'oyavai de pu magnifique 
Olleté un bias cirque 
L'étions bin au moins vingt gas 
Qui saution coume d'au sautrâs
Ce qu'o y avait de pu épatant 
0 l'été deux jeunes gens 
Qui sautions avec d'au banbous 
Pu de 4 mètre au dessus de nous 
Bon epis y' avais dedans 
D'au numeros bin-epatant 
Y'avai d'au voltigeurs 
Et d'au tour bin farceur 
Ah ! d'au danseurs, et d'au sauteurs oui ! 
Peur les gens de l'endret 
Ollé té d'au bin tapé

V.

Le cirque était a peine fini 
Y'allion au 
Le sy fesion vouaire la dedans 
Un mort qui devener vivant 
Ma femme me dit si tu veux me crère
Y ne resteron pas la de sère
A force d'aller un peu peurtout 
Le porte mounée, n'a put de sous 
Sapristi que je dessi, 
Ollée peurtant fini
Non ! d'une pipe Non ! d'une pipe va 
Y m'en souvinrai longtemps 
De tous thiée boniments 
0 y'a que les gens de Civray peur avouaire d'au succès

VI.

Le lendemain a trois heures d'au sère 
Le cirque avait concert 
Y'avai d'au chanteur bin coquin 
Coumme o n'en voué chaque matin 
Ensemble les ving drolesse chantiant 
Les zoumme z'accompagniant 
Et la musique jouai d'au morcia
Qui vous passions peurtout la piâ 
A moué donc que de pistons de basse et de barritons 
Un solliste, un bon fumiste oui 
Charmé d'ans l'auditouaire avec des jolies airs 
Ah ! coumme final, un grand bal oui 
Et la fête termina avec le cinéma

Source : Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 2e trimestre 1977, 4e série, tome XV, p. 113 à 115

lundi 16 mai 2016

Il ne faut pas donner des "grillons" au cochon


Porc enragé.

Le 16 février 1898, dernier jour de foire à Mauprévoir, Bernardeau et Ribardière, de la commune de Savigné, font achat d'un cochon. Chemin faisant, l'animal s'enfuit à travers champs, et le sieur Ribardière se met à le poursuivre. Le cochon, furieux, se retourne et s'élance sur lui, le projetant à terre. Bernardeau veut lui porter secours, mais l'animal, surexcité, se précipite sur ce dernier, et, après lui avoir arraché chapeau et vêtements, le mord fortement à la main. Plusieurs voisins accourent en entendant l'appel à l'aide des deux hommes, et le cochon finit par être maîtrisé et enfermé dans un toit.
L'animal est abattu d'un coup de fusil : on prétend qu'il aurait été nourri avec des grillons, ce qui aurait fait gâter aussitôt la viande.
C'est donc une perte pour l'acheteur. Le sieur Ribardière en est quitte pour la peur. Quant à Bernardeau, il ne peut s'aider de sa main pendant quelques jours.

Sources : L'Avenir de la Vienne, édition du 20 février 1898.

dimanche 15 mai 2016

La terre gronde à Savigné en 1902


Avec les séismes des 28 avril (Rochefort) et 2 mai (Chinon) derniers, on en a oublié que le phénomène n'est pas aussi singulier. La terre gronde, et elle l'a souvent fait.

Le Petit Parisien, 21 avril 1902