samedi 12 août 2017

De l'autre côté du miroir

Après avoir acheté cette petite carte postale ancienne de Savigné, je me sens comme Alice :

L'église et le monument — carte postale perso
Avec son clocher à droite et le presbytère à gauche, cette carte postale m'emporte de l'autre côté du miroir, en témoigne cette activité du premier quart du XXe siècle. J'imagine que j'arrive un dimanche, et les hommes attendent leurs femmes à la sortie de la messe.
Ou bien, c'est un mariage, et on attend la sortie des mariées...
Ou alors un enterrement, et on attend le funèbre cortège...

Mais c'est un peu gênant, repassons de l'autre côté du miroir :


Ah ! là, c'est mieux, non ?
Mais cette promenade onirique prend fin, on revient à la réalité, soyons pragmatiques.

Photographie d'aujourd'hui

dimanche 2 juillet 2017

Les enceintes des Bois de Rantonneau


La première consiste, comme les précédentes, en un parapet de terre avec fossé formant un clos (A) de 25 mètres du nord-ouest au sud-est et de 20 mètres du sud-ouest au nord-est ; d'autres traces de fossés se voient au nord-ouest et au sud-est et font penser qu'ils enveloppaient l'enceinte (A). (B) et (B), indiquent deux fosses dont l'une semble avoir conservé un fragment du parement en pierres sèches qui soutenait la terre. (C) et (G), indiquent des traces de constructions en pierres sèches, du moins les moellons qu'on y voit le font supposer. Les remparts peuvent avoir 2 mètres de haut et les fossés 3 mètres de large.

Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civrai
Pierre-Amédée Brouillet, 1865, pl. 9, fig. 2

Une autre enceinte dans ce même bois est assez curieuse et pourrait bien avoir été, comme la précédente, l'une de ces maisons de campagne dont parle César et que possédaient au milieu des bois les riches seigneurs gaulois.
.... Sed hoc eo factum est, quod oedificio circumdato silvâ, ut suni fere domicilia Galloram, qui vitandi oestus causa, plerum que silvarum ac fluminum petunt propinquitates (La guerre des Gaules, livre VI.)
Vitruve nous a laissé de précieux renseignements sur les habitations des Gaulois. Les oedificia, dit-il, ne sont chez plusieurs nations que des constructions faites de branches d'arbres, de roseaux et de boue. Il en est ainsi de la Gaule, de I'Espagne, du Portugal et de l'Angleterre. Les maisons n'y sont couvertes que de planches grossières ou de paille (scandulis robureis aut stramentis), Vitruve, livre 2, Chapitre 2.
Ces maisons qui n'avaient point de fenêtres étaient de forme ovale, où rectangulaire. Elles s'élevaient parfois sur des fondements en pierres sèches. (Gorbeiet, Manuel d'archéologie national).
Voici encore des renseignements précieux puisés dans l'histoire de France de MM. Bordier et Charton : "Les habitations gauloises étaient ordinairement placées sur la lisière des bois ou sur le bord des fleuves. L'extrême légèreté de leurs constructions obligeait les habitants à chercher de cette manière un refuge contre l'ardeur du soleil, qu'ils redoutaient plus que la rigueur du froid. Les maisons, ordinairement de forme ronde et surmontées d'un toit, conique, étaient de bois, quelques fois de pierres brutes jointes avec de la terre glaise ; d'autre, fois, les murailles du logis étaient faites de deux claies d'osier fixées à quelques centimètres l'une de l'autre, et dans l'intervalle desquelles ont pétrissait de la terre argileuse et de la paille hachée. Pour les familles du peuple, l'édifice était une maison ronde, dé six à douze mètres de tour, et couverte de chaume ou de planchettes de bois réunies au sommet, comme sont encore les huttes que nos charbonniers se construisent dans les bois. Les maisons riches pouvaient avoir jusqu'à une quarantaine de mètres en largeur.
Souvent il n'y avait pas de fenêtres ; le toit descendant fort bas , on gagnait de la hauteur en creusant le sol de l'habitation jusqu'à une certaine profondeur, et l'on entrait, ou plutôt l'on descendait par une petite rampe ménagée devant la porte. Le fond était battu, bien uni, et sans humidité, la cavité était toujours creusée sur un terrain perméable, ou rendu tel par quelque fuite pratiquée artificiellement. Les-grandes maisons étaient sans doute partagées à l'intérieur par des cloisons formant divers appartements; dans quelques unes de ces cavités qui subsistent encore, on remarque, à moitié de la hauteur, une sorte de rebord intérieur régnant tout autour du creux et ayant probablement servi à soutenir un plancher.
Celle-ci se compose d'un carré-long (A), ayant 20 mètres de l'est à l'ouest et 10 mètres du nord au sud. Des murs avec fossés formaient une enceinte autour de cette habitation. Une tombelle (B), composée de terre, reliait ces murs et faisait l'office de tour ; elle a 25 mètres de circonférence et 3 mètres de haut. Cette enceinte, ainsi que la précédente , ne peuvent avoir appartenu qu'à quelques habitations particulières.


Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civrai
Pierre-Amédée Brouillet, 1865, pl. 9, fig. 1

samedi 1 juillet 2017

Le retranchement des Âges

Brouillet, dans son indicateur, vous avait parlé des margelles de Fayolle. Il en est, aux Âges, que des fosses lui paraissent faites de la main de l'homme. Située sur un plateau de l'autre côté de la Charente par rapport à Fayolle, un fosse sous le nom de Creux-de-l'Houme, de Champ-du-Chiron, de Champ-du-Roc ou de Pierre-du-Teil, est très rapprochée de retranchements et d'anciennes constructions qui lui semblent avoir été un point militaire important.

Sur des rochers à pic baignés par le fleuve, dans le bois des Âges, il remarque de "grands bouleversements de terrain qui annoncent qu'autrefois il existait en ces lieux d'importantes constructions".

Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civrai
Pierre-Amédée Brouillet, 1865, pl. 7, fig. 2 

"Défendu au nord par la rivière et l'escarpement des rochers on avait multiplié les obstacles au sud, à l'est et à l'ouest."
"Ces remparts", dit-il, "se composent de terre et de pierres, de murs en avant desquels existents des fossés plus ou moins larges ; ils décrivent des demi-cercles, forment rarement des lignes droites et enveloppent une immense surface de terrain."
Il y trouve "des débris de tuiles, de briques et de poteries grossières, un carré (A), placé sur le bord des rochers, n'était accessible que du côté sud, mais il était entouré de constructions formidables ; une espèce de puits (O) creusé dans la pierre, communiquait à des cavernes situées au bas du coteau, sur le bord de la rivière" (en fait, la Charente est un fleuve).

Brouillet poursuit en prétendant qu'il y a existé un château. En effet, dans une transaction passée en 1628 entre Noël Perax, curé de Saint-Nicolas de Civrau, et Claude Pidoux, il est question du lieu ou était anciennement le Château des Âges (Notes historiques sur la ville de Civrai de Léon Faye). Le château des Âges, était bâti sur le sommet du côteau de ce nom, dont il n'en existe plus aucun vestige. Ce château a pu être une de ces habitations comme en possédaient les riches seigneurs gallo-romains, et qui étaient à la fois des maisons de plaisance et des forteresses.


Sources : Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civrai, Pierre-Amédée Brouillet, 1865, p. 216.

vendredi 30 juin 2017

Zigzaguer sur la route à bicyclette tout en évitant les murs

Ce n'est certainement pas ce qu'est parvenu à faire le sieur Louis Furet, gendarme retraité — dont la famille tire ses origines de la région de Benassay. Samedi, 10 juin 1905, l'homme résidant à Savigné a l'idée, partant à Civray, d'emprunter la descente des Cantes, "descente très dangereuse, impraticable pour les cyclistes".
Arrivé en bas, il perd le contrôle de sa machine et va heurter le mur qui se trouve en face. "Le choc fut des plus violents. M. Furet a de nombreuses blessures à la tête, mais qui ne sont pas trop dangereuses", indique l'article du quotidien. Avant de conclure que "la bécane a été en partie détruite" (source : La Semaine, édition du 18 juin 1905).

Il se trouve que ce « chemin des Cantes » doit être la route passant en rive droite de la Charente, nommée de nos jours « route de Roche », qui part de la Folie et de la route de Loing de Savigné et qui passe devant le camping et la plage de Civray.



On y retrouve un autre accident, un peu plus dramatique, quelques années plus tard :

27 avril 1914
 Arrondissement de Civray
Accident. - Samedi le jeune Bernard, élève au collège, dont les parents habitent la commune de Chapelle-Bâton, se promenait à Bicyclette. Il eut la malheureuses idée de passer par la descente des cantes près de Civray. A un moment donné le frein coupa, et M. Bernard fut projeté violemment contre un mur. Il tomba inanimé et fut relevé quelques instants après par des personnes qui le conduisirent à l’hôtel Séguinot, où il reçut les soins urgent que réclamait son état.
La jeune victime est dans le coma, son état est presque désespéré. (sources : il y a un siècle, jour par jour, par Marc Benoit-Périssat).


L'avenir de la Vienne,
édition des 27 et 28 avril 1914

jeudi 29 juin 2017

Y-a-t'il vraiment une malédiction sur les cerisiers poitevins ?

C'est l'une de mes questions existentielles.
Cette année, mon cerisier a donné des fruits par centaines. J'ai eu une certaine appréhension à grimper au plus haut, compte-tenu de ce que je savais sur ces maudits fruitiers. Tenez, il y a bien longtemps, j'avais trouvé la mention du sieur Pierre Brun, frère de mon ancêtre, tué par un cerisier le 12 juillet 1745, à Blanzay.

Auparavant, j'avais remarqué l'acte suivant : "Le dix neuvième jour de juin mil six cent quatre vingt quatre, nous avons enterré, au cimetière de Genouillé, Pierre La Cheze, valet à Louis Pelin, laboureur, lequel est tombé d'un cerisier et s'est tué, du village de La Combe, en présence de Léonard Grange, Thomas Morichault, Pierre Grangé, Jacques Vriet et autres qui ont déclaré ne savoir signer, hors les soussignés, fait par nous prêtre curé de St Clémentin, soussigné, le jour et an susdit." signé G. COLLET. (Source : AD86 en ligne, Genouillé, BMS 1679-1685, p.74/100). Gloria s'en souviendra peut-être 😏

À Savigné, en particulier, on notera qu'en 1900, Jeanne Fradet, veuve Gibier, pauvre femme de la Chauffière, meurt le 1er juillet, des suites d'hémorragies internes, après être tombée la veille d'un de ces arbres.

D'une certaine manière, le sieur Pingault, 6 ans plus tard, s'en sort plutôt bien :

La Semaine, édition du 1er juillet 1906

Ou bien, on est si gourmand qu'on en devient imprudent ?

mercredi 28 juin 2017

Passer une photo aux rayons X

Bonjour, aujourd'hui, je vous propose un photo actuelle de ce qu'était l'entrée du bourg de Savigné, par l'Érable (ouest) :

Photo perso, décembre 2013

Je l'ai passé à la moulinette, au presse-purée puis au réfrigérateur. Pour l'achever, il lui fallait une bonne dose de rayons X imaginaires, ce qui nous donne :

Carte postale perso vers 1911


Êtes-vous des adeptes des bonds en arrière dans le temps ?

mardi 27 juin 2017

c'était pas pour du Whisky


Souvenez-vous de René Massia, distillateur à Savigné, qui avait obtenu la médaille d'argent à l'exposition internationale et coloniale de Rochefort-sur-Mer, en 1898.

Je lui ai trouvé un autre prix :

La Semaine, édition du 29 mai 1904

Et c'était pas pour du Whisky ! Déjà, en 1898, le sieur Massia proposait des publicités dans les quotidiens pour se protéger de la grippe :

La Semaine, édition du 23 janvier 1898